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Société

La matraque télescopique encore mise en cause

Dernière Minute. Violences policières, ça continue ! Interpellation musclée à Poitiers

JOEL SAGET/AFP La scène se passe dans le quartier Bel-Air, à Poitiers, samedi soir. On y voit un jeune menotté dans le dos, embarqué, par deux policiers en civil, puis chargé sans ménagement dans un véhicule banalisé. Alors qu’il se plaint, suivi par des amis qui filment, il reçoit, vraisemblablement, au moins un coup dans les côtes. La matraque télescopique brandie par un agent est là pour faire taire toute protestation : « circulez, y’a rien à voir ! ».

lundi 6 février 2017

La scène a été filmée par un ami ou un proche du jeune mineur interpellé samedi soir à Bel-Air, l’un des quartiers populaires de l’Ouest de Poitiers qui n’a pas la même « réputation » d’autres zones du Nord de la ville, comme les Couronneries, mais qui reste le théâtre de violences policières récurrentes, les dernières en date remontant à août 2016, lors d »’affrontements entre des jeunes et la police.

Samedi soir, à Bel-Air, de par le procédé d’interpellation, le fait que les agents en civil ne sont que deux et ne semblent pas spécialement sur leurs gardes alors qu’ils sont en train de charrier le jeune homme, menotté, vers leur véhicule, sans se presser outre mesure, que l’un d’entre eux prend même le temps d’ouvrir le coffre de la voiture, tout fait penser qu’ils ne sont pqs sur « l’affaire du siècle » : une « banale » histoire de stups ? Une interpellation ciblée contre un groupe de jeunes qui « traînent » ? Tout, dans le procédé, entretient néanmoins le climat de dérapage et de violence au regard de la mission qui est censée être celle des fonctionnaires de police : et c’est ce qui advient finalement.

L’élément inquiétant mais tristement banal de l’histoire est le comportement des agents dès lors que la personne témoin de l’arrestation et le jeune interpellé protestent. Le jeune est bousculé, sans ménagement, dans l’habitacle, à l’arrière du véhicule. A ce moment, sans que les images ne permettent de le vérifier, car la portière ouverte fait obstacle au champ de la caméra, on a l’impression que le policier assène un violent coup dans les reins du jeune, histoire qu’il se tienne tranquille et reste assis. Là encore, il s’agit d’un grand classique, corroboré par le fait que tout de suite après, ce même policier fait face au témoin, avec son bâton télescopique à la main, menaçant. « Arrache-toi avec ta (sic.) truc-là ». Il estime que l’incident est clos.

La matraque télescopique est incriminée dans les dernières affaires de violences et de viols policiers, à Drancy, ainsi que dans le cas du viol en réunion des policiers d’Aulnay-sous-Bois. Bâton multi-usage et discret qui permet d’asséner des coups violents, à l’horizontal, par le simple actionnement du ressort, la matraque télescopique est l’une des armes favorites des agents, notamment lorsqu’ils agissent en civil. Flashball, technique de strangulation, bâton télescopique : dans les quartiers, la police, suréquipée, est violente et dangereuse. L’affaire de Poitiers, samedi soir, nous le rappelle à nouveau.




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