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Politique

Des banderoles aux fenêtres pour dénoncer le confinement à deux vitesses

Nous relayons ci-dessous l’initiative d’un collectif militant indépendant qui propose de manifester notre rage aux fenêtres, ce dimanche, pour montrer que l'État d’urgence sanitaire fait apparaître le vrai visage du système inégalitaire qui nous gouverne. Partout en Europe et dans le monde, des sociétés d’exploitation à deux vitesses

vendredi 3 avril

Nous relayons ci-dessous l’initiative d’un collectif militant indépendant qui propose de manifester notre rage aux fenêtres, ce dimanche, pour montrer que l’État d’urgence sanitaire fait apparaître le vrai visage du système inégalitaire qui nous gouverne. Partout en Europe et dans le monde, des sociétés d’exploitation à deux vitesses.

Le lien de l’évènement

@demandsfromapandemic @kravfraenpandemi @revendicationsdunepandemie

« Nous sommes face à une crise qui exacerbe et creuse les inégalités. Mais qui dans le même temps, les met en exergue : cette crise fait apparaître de manière crue et cruelle les rapports de domination, de pouvoir, de classe, de race, de genre qui régissent nos sociétés.

Nous refusons de considérer le confinement comme une parenthèse. Nos luttes ne seront jamais mises en quarantaine.

Car, l’État d’urgence n’est jamais que l’instrumentalisation de la peur à des fins politiques et sécuritaire. Il justifie et valide la remise en cause nos libertés individuelles. Et ne fait ainsi que renforcer plus encore le contrôle autoritaire et répressif qui opèrent dans nos sociétés.

Non, les mesures prises en temps de crise ne s’imposent pas de façon naturelle aux dirigeant.e.s. Celleux-ci veulent nous faire croire que c’est la situation qui dicte leurs choix politiques. Alors que ce sont bien leurs politiques inégalitaires, de privatisation et de précarisation, à l’oeuvre depuis des décennies qui sont à l’origine de cette crise. La crise n’est pas liée au virus. Si crise il y a, c’est une crise de la gestion et du traitement politique de ce coronavirus.

Le confinement existe pour autant que l’exploitation persiste

Partout en Europe et dans le monde, des sociétés d’exploitation à deux vitesses.

Mais qui protège les autres ?

Des emplois sous-payés, mais cyniquement essentiels à notre fonctionnement économique et social. Or aujourd’hui, les personnes obligées de travailler, celles qui ne peuvent pas se confiner, sont directement exposées à la maladie et demeurent les plus touchées.

Des salarié.e.s obligé.e.s de signer des décharges de responsabilité pour éviter à l’entreprise toute poursuite judiciaire en cas de décès. Un code du travail qui autorise le travail jusqu’à 60h par semaine. Des droits de retrait refusés à la RATP. Le préfet de Seine-et-Marne qui appelle les “réfugié.e.s” à soutenir l’agriculture nationale, alors même que l’Etat criminalise les travailleur.e.s sans-papiers. La suspension des loyers pour les entreprises, mais pas pour les habitant.e.s. Les travailleur.euse.s du sexe oublié.e.s. Et toutes les personnes écartées des mesures de confinement. Ni protection, ni soutien financier à destination de celleux qui ont perdu leur emploi à cause du confinement et qui n’ont pas encore accès aux cotisations chômage. Mais Gérald Darmanin qui sollicite la solidarité des français pour venir en aide au monde de l’entreprise, alors qu’il a lui-même supprimé l’ISF. Aïcha Issadounène, caissière chez carrefour en Seine-saint-Denis, morte du Covid. Des policier.ère.s avec des armes mais des personnels soignant sans masque. Des travailleur.euse.s sociaux abandonné.e.s. Pas de masque pour la population, mais des tests pour les politiques et les plus riches.

Militer sans sortir de chez-soi

Puisqu’il n’est malgré tout, pas question de nous mettre en danger ni de mettre qui que ce soit d’autre en danger. Et puisque nous sommes de fait confiné.e.s pour une bonne partie d’entre nous, il nous faut imaginer de nouvelles manières de lutter.
Les réseaux sociaux restent pour l’instant, nos outils d’organisation politique et notre seule fenêtre de tir.

Que ce soient des banderoles, des pancartes ou des feuilles, qu’elles soient accrochées à nos fenêtres ou que nous les tenions dans les mains, dès lors qu’elles sont prises en photos et partagées, elles deviennent le support de nos messages de luttes et de contestation, en soutien à toutes celles et ceux qui doivent se battre physiquement dans les entreprises.

Ceci ne doit pas être une solution temporaire, ni une solution de substitution en attendant de retrouver le vrai combat lorsque le confinement sera terminé. Bien au contraire, par ces actes solitaires, multiplions nos rages, diffusons nos voix et affirmons nos résistances.

Notre nombre reste notre plus grande force de frappe pour faire entendre nos revendications.

Nos vies avant leurs profits

La situation actuelle nous invite à repenser la question du travail et à réévaluer l’utilité sociale accordée aux différents corps de métiers. Une occasion de reconsidérer les emplois et les rémunérations de celleux qui aujourd’hui sont mobilisés, à la hauteur de leur caractère social indispensable. L’heure doit être à la remise en cause de nos modes de production capitalistes, esclavagistes et mortifères.

Car si aujourd’hui la crise est sanitaire, nos systèmes économiques et politiques déjà très inégalitaires, devront bientôt faire face à des crises environnementales et humanitaires bien pires encore. Et cette fois, les catastrophes seront bien plus meurtrières.

Nous ne souhaitons ni un retour à la normale ni considérer cette crise comme une expiation ou comme un signe du messi. Certes, la crise du Covid nous ébranle chacun et chacune, mais à nous de rester lucide et d’organiser nos luttes.
Pour une protection égale et inconditionnelle de tous et toutes. Le respect de la dignité de chacun.e, quel que soit sa situation et son histoire.
Car aucune vie ne vaut plus qu’une autre. Et parce que la protection des un.e.s ne se fera pas au prix de la mort des autres. »

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