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Répression patronale

Des boitiers autour du cou des ouvriers pour maintenir la distanciation : mesure liberticide chez Essity

L’entreprise suédoise de fabrication de produits d’hygiène Essity veut imposer à ses salariés le port autour du cou d'un boîtier qui sonnerait lorsque deux travailleurs s’approchent à moins de deux mètres. Un dispositif de flicage dégradant sous couvert de lutte contre le Covid-19.

mercredi 13 janvier

Crédit photo : Usine Essity de Gien © Radio France - Anne Oger

Un boîtier autour du cou des salariés qui sonnerait en cas de contact trop proche, sous prétexte de « lutte contre le Covid-19 ». Malgré les apparences, cette idée n’est pas le fruit d’un scénario de Black Mirror mais bien de la direction de l’entreprise suédoise Essity, géant de la fabrication de produits d’hygiène, comme le rapporte La Dépêche.

Le concept est simple : l’entreprise souhaite imposer à l’ensemble de ses salariés, en France comme partout en Europe, le port d’un badge autour du cou, accroché par une dragonne, qui produirait un son de 85 décibels lorsque deux salariés s’approchent à moins de deux mètres. Pour les ouvriers des ateliers, le port serait également obligatoire à la ceinture.

La direction justifie évidemment cette mesure plus que sécuritaire par la lutte contre le Covid-19, et assure que les salariés ne seront pas géolocalisés. Difficile d’y croire lorsque, dans un même temps, elle affirme que les données seront enregistrées lorsque le salarié se rendra par exemple aux sanitaires.

Le dispositif, nommé « Phil data », que la direction voudrait appliquer dès la fin janvier, est évidemment plus que contesté par les organisations syndicales qui décrivent déjà des conditions de travail rendues plus difficiles à cause du port du masque. Un tel outil, en plus d’organiser un flicage anxiogène des salariés, entraînerait un épuisement psychologique lié au vacarme produit par les badges. Pour comparaison, 85 décibels équivaut au niveau sonore produit par une cantine bruyante, et peut se révéler nocif en cas de longue exposition.

« C’est un système comparable à celui qui dissuade les chiens d’aboyer », a réagi la CFDT. De fait, rien n’arrête le patronat qui veut se saisir de la crise économique et sanitaire pour avancer des mesures de surveillance généralisée envers les travailleurs, empiéter sur la vie privée et toujours plus dégrader leurs conditions de travail.




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