^

Politique

Décembre en grève

Des cadres RATP parachutés aux commandes du RER pour réduire l’impact de la grève : inquiétudes

La nouvelle fait froid dans le dos. La RATP, à défaut de pouvoir réquisitionner les agents grévistes le 5 décembre prochain comme le propose Bruno Retailleau, va réquisitionner plusieurs dizaines de cadres sur son réseau RER pour assurer les rotations de transport.

samedi 30 novembre

La RATP, à défaut de pouvoir réquisitionner les agents grévistes le 5 décembre prochain comme le propose Bruno Retailleau, va réquisitionner plusieurs dizaines de cadres sur son réseau RER (A et B) pour assurer les rotations de transport. Ceci dans le but d’atténuer autant que possible les fortes perturbations à prévoir sur tout son réseau de transport.

Rappelons que ces cadres pour la plupart d’entre-eux n’ont pas conduit de véhicules de transport en commun depuis de nombreuses années, dix ans voire 15 ans pour certains et les voilà propulsés aux commandes d’un RER après une formation de quelques semaines seulement là où les agents recrutés sur ce moyen de transport, eux, sont formés une année complète. Quand bien même ces cadres seraient plus doués ou plus aptes à assimiler l’étendue des savoirs et connaissances nécessaires à la conduite d’un RER (ce qui reste à prouver), on peut légitimement se demander si une telle décision est de nature à garantir la sécurité des voyageurs.

Ce mouvement social qui, rappelons le, est soutenu par une forte majorité de la population, fait très peur à la direction de l’entreprise publique de transport et la délivrance à tout-va de permis de conduire du RER en est la parfaite illustration. Il faut donc espérer qu’aucun drame ne se produise à partir du 5 décembre mais le déploiement d’un personnel inhabitué à la conduite d’un RER, un type de véhicule hors norme, avec un flux de voyageurs qui sera lui aussi hors normes inquiète plus que ne rassure.

Sécurité ferroviaire, signalisations, conduite, gestion des colis suspects, pannes sur ligne sont autant de situations complexes à gérer dans l’instant par des agents surentraînés et habitués à la conduite en toutes circonstances. Or personne ne peut raisonnement croire que ces cadres pourront délivrer la même qualité de service qu’un agent travaillant toute l’année sur un tel véhicule et la sécurité, elle, sera bel et bien rabotée pour assurer ce sacro-saint "service minimum garanti" imposé par Ile-de-France Mobilités. Une condition qui, si elle n’est pas réalisée, obligera la direction de la RATP à rembourser le Pass Navigo des voyageurs. Une hypothèse douloureuse pour l’entreprise au logo vert.

On comprend mieux dans ces conditions pourquoi la RATP essaie de réduire l’impact de la grève à ceci près que la sécurité des voyageurs, à l’évidence, ne pourra en aucun cas être garantie à un niveau égal à celui apporté par un conducteur professionnel de RER dont l’expérience, l’endurance, la résistance et la concentration sont mises à rude épreuve chaque jour au service des voyageurs.




Mots-clés

5 décembre   /    Droit de grève   /    Transport   /    Grève   /    RATP   /    Politique