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Notre classe

« On ne négocie pas le poids des chaînes »

Des centaines d’emplois menacés à AAA. Un rassemblement contre le massacre social dans l’aéronautique

Ce mardi marquait le dernier jour de négociations entre la direction de AAA, prestataire de service dans l'aéronautique, et les syndicats. Des centaines d'emplois et autant de familles sont en jeu.

mardi 6 octobre

Crédits photo : Révolution Permanente Toulouse

AAA est un sous-traitant aéronautique dont les salariés subissent de plein fouet le massacre des emplois en cours dans le secteur. Au cours de l’été, un PSE (ironiquement « plan de sauvegarde de l’emploi ») avait été annoncé, concernant la suppressions de 719 postes dans les différents sites. Ce mardi, qui marquait le dernier jour des négociations entre la direction et les représentants syndicaux, a aussi été l’occasion d’actions organisées par les salariés des différents sites, à Saint-Nazaire, Carquefou, Méaulte (où ce sont 90% des emplois qui sont menacés) et sur le site de Colomiers, à côté de Toulouse, où le PSE concerne environ 300 emplois, soit la moitié des effectifs du site.

Des dizaines de salariés de la boîte et de soutiens se sont retrouvés à 9h mardi matin, pour montrer leur colère face à ce véritable massacre des emplois. Les travailleurs d’autres boîtes sous-traitantes sont venus à plusieurs pour assurer leur soutien et leur solidarité avec le PSE subit par les travailleurs de AAA. Robert Amade, délégué CGT à Capgemini, rappelle qu’il faut « qu’on se défende ensemble. S’ils touchent à l’un d’entre nous, ils touchent à tous ! ».

Cette solidarité entre les salariés des différentes boîtes de l’aéronautique face aux plans sociaux qui pleuvent, elle s’est concrétisée dans une coordination des travailleurs du secteur qui s’est réunie pour la première fois le 17 septembre, et où 19 boîtes de la région étaient représentés. Une coordination qui réunit syndiqués et non-syndiqués, et qui a pour objectif de s’organiser face aux attaques du patronat. Car comme le rappel Arnaud, délégué CFDT à AAA et membre de cette coordination : « Les patrons eux sont très organisés, il faut qu’on le soit aussi et qu’on se prépare, comme l’a montrée la coordination RATP-SNCF pendant la bataille des retraites ».

Car derrière, ce sont autant de vies et de familles qui sont menacées, témoigne Jean-Christophe, mécanicien-électricien à AAA, non syndiqué et ayant participé à la coordination. « Ce qui m’a fait mal c’est autant d’intérimaires mis sur la touche, qui ont subis et qui vont subir la crise de plein fouet, c’est dramatique, nous confie-t-il les larmes aux yeux. J’étais intérimaire et on peut pas cautionner, c’est des gens comme nous, c’est dur. »

Pourtant, les négociations prouvent que les patrons méprisent ces vies et les conséquences de ces plans désastreux. Ce mardi, ils la direction a annoncé comme une victoire des salariés le fait que sur les 700 emplois menacés ils allaient pouvoir en sauver une centaine. Mais cela implique toujours environ 600 familles à la rue, tandis que pour la direction il ne s’agit que d’un chiffre pour obtenir la signature de l’accord par les syndicats majoritaires comme FO, qui s’apprête à accepter le PSE.

Arnaud, au sortir des négociations, a rappelé qu’il n’était pas là pour négocier le poids des chaînes et que c’est l’ensemble des emplois menacés que les travailleurs du secteur veulent sauver.




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