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Notre classe

« Face à la répression patronale, nous répondons par la solidarité ouvrière ! »

Des centaines de soutiens autour de Ahmed et Alexandre, grévistes RATP réprimés par la boîte

Ce lundi avait lieu deux entretiens disciplinaires, ceux d’Ahmed et Alexandre, tous deux réprimés par la direction de la RATP dans le cadre de la grève. La direction tente de casser le noyau dur de la grève, mais face à la répression patronale, c’est la solidarité ouvrière qui s’est une nouvelle fois exprimée par deux rassemblements qui ont réuni plus de 600 personnes et de nombreuses personnalités politiques.

lundi 3 février

Crédit : O Phil des Contrastes

Après Patrick, François et Yassine, c’était au tour de Ahmed, du dépôt de Flandres, et de Alexandre, du dépôt de Vitry, de passer en entretien disciplinaire ce lundi matin. Leurs points communs ? Cinq militants de la CGT, faisant partie du noyau dur de la grève, et dirigeants de leurs dépôts respectifs.

Ce lundi matin, la direction ne faisait pas la même erreur que pour les premiers entretiens disciplinaires qui avaient menés à un envahissement massif par plusieurs centaines de grévistes du dépôt de Vitry, obligeant le RH du centre à devoir répondre nez à nez à la colère des grévistes. Elle convoquait en effet ce matin Ahmed et Alexandre à la même heure dans deux dépôts différents, espérant ainsi diviser les forces.

Pourtant, les deux rassemblements à Vitry et à Flandres ont été un véritable succès, rassemblant notamment de nombreuses personnalités syndicales et politiques tels que Olivier Besancenot, Nathalie Artaud, Eric Coquerel ou encore Philippe Martinez.

Leur objectif : casser le noyau dur de la grève

Tous les prétextes sont bons pour réprimer les dirigeants de la grève. Au dépôt de Vitry, trois machinistes, François, Patrick, et Yassine, étaient convoqués mi-janvier, accusés d’avoir « repris en chœur une chanson à caractère homophobe à chaque fois que passait un conducteur non-gréviste ». Une chanson qui n’était autre que celle de Vegedream, un artiste que Macron a lui-même invité en Côte d’Ivoire. Cette instrumentalisation du combat contre l’homophobie pour réprimer des grévistes avait par ailleurs été soulignée par un collectif queer. Ce harcèlement de la direction envers l’un des grévistes, François, l’a poussé à faire une tentative de suicide sur son lieu de travail la semaine dernière. Un hommage toute particulier lui était rendu ce lundi matin au dépôt de Vitry.

Cette fois, ce sont Ahmed et Alexandre, tous deux syndicalistes CGT et figures de la grève qui étaient convoqués. Comme leurs collègues avant eux, ce qui leur est réellement reproché, c’est d’avoir exercé leur droit de grève, et d’avoir paralysé l’ensemble de la capitale pendant plus de 50 jours. Ce que souhaite la RATP, c’est démoraliser les grévistes, et faire d’Ahmed et des autres des exemples pour qu’à l’avenir, chaque machiniste de la RATP se souvienne que s’il se met en grève, s’il participe à un blocage, une action ou une manifestation, il risque un entretien disciplinaire. Comme le soulignait Ahmed à Flandres ce matin, « C’est pas pour un blocage de dépôt qu’on me convoque, mais c’est parce que ça fait 16 ans que j’ai jamais fermé ma gueule, et je la fermerai jamais ! […] La direction a décidé qu’il fallait me couper la tête ! ».

« Face à la répression patronale, nous répondons par la solidarité ouvrière ! »

La direction de la RATP l’a bien compris, à chaque conseil de discipline qui tombera, les grévistes répondront par centaines, comme ce fut le cas au dépôt de Vitry le 13 janvier, jour où la direction s’est vue totalement dépassée par un envahissement en réponse aux convocations. C’est pourquoi, elle a décidé de convoquer Ahmed et Alexandre à la même heure, dans leurs dépôts respectifs, ce lundi. Comme le soulignait Anasse Kazib, cheminot Sud-Rail présent au rassemblement à Flandres en soutien à Ahmed : « Deux rassemblements à la même heure ? Ils nous montrent leur faiblesse. Alors même qu’on est dans une période où il n’y a pas de grève massive à la RATP et la SNCF, ils mettent des conseils de discipline à la même heure car ils ont peur que 600 personnes se rassemblement devant leur dépôt, ils ont peur de la mobilisation et du rapport de force ! ». Cette peur s’exprimait également par la forte présence policière, dans chacun des dépôts.

Mais une nouvelle fois, la tentative de division de la direction n’a fait que renforcer le courage et la détermination des grévistes : dans chacun des dépôts, la majorité des salariés étaient en grève, et près de 300 personnes se sont réunies à Vitry comme à Flandres. De très nombreux soutiens, machinistes, cheminots, enseignants, étudiants étaient présents dans les deux dépôts.

A Vitry, des grévistes de l’énergie ainsi que des représentants syndicaux et politiques tels que Philippe Martinez, Nathalie Arthaud ou encore Olivier Besancenot avaient fait le déplacement. A Flandres étaient présents une délégation de PSA Poissy dont Jean-Pierre Mercier, ainsi qu’Eric Coquerel, Bastien Lachaud, mais également Olivier Besancenot et Nathalie Arthaud qui se sont rendus aux deux rassemblements.

Ce que les grévistes et leurs soutiens ont prouvé ce matin, c’est qu’à chaque fois que l’un de leurs camarades sera attaqué, ils répondront par centaines. Ce matin, la grande majorité des machinistes du dépôt de Flandres et de Vitry étaient en grève, mais pas seulement : les cheminots du Bourget avaient également fait le choix de faire grève par solidarité. De même, lorsqu’Hani, gréviste du dépôt de Belliard, a pris comme 15 jours de mise à pied, les cheminots du Bourget ont fait le choix de lui verser 500 euros de leur caisse de grève, pour qu’il n’ait pas un seul centime à verser à cause de la répression. Comme le répètent les grévistes : « Face à la répression patronale, nous répondons par la solidarité ouvrière ! »




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