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Notre classe

Solidarité contre la répression !

Des centaines de soutiens présents auprès d’Hani, agent RATP réprimé pour faits de grève

Mardi 14 décembre, un rassemblement en soutien à un gréviste RATP convoqué en conseil disciplinaire par sa direction a eu lieu. Des centaines de personnes étaient présentes pour dénoncer la répression que subissent les grévistes

mercredi 15 janvier

Crédits photo : O phil des contrastes

Hani, machiniste au dépôt de bus RATP de Belliard, en grève depuis le 5 décembre, a été convoqué en conseil disciplinaire par la direction de la RATP pour avoir osé l’alerter du mauvais état du matériel, qui aurait pu mettre en danger les usagers. Pour ce conseil de discipline, qui devait avoir lieu la semaine dernière mais a été reporté à ce mardi, des centaines de personnes dont de nombreux professeurs et étudiants étaient présents pour dénoncer la répression qui touche Hani, et plus généralement l’ensemble des grévistes depuis quelques semaines.

En effet ce n’est ni le mauvais comportement d’Hani ni une attitude déplacée dont il aurait pu faire preuve que la direction a souhaité punir mais le simple fait que ce dernier soit en grève depuis le 5 décembre et qu’il apparaisse aujourd’hui comme une figure forte du mouvement. Comme plusieurs prises de paroles l’ont souligné, le gouvernement, de mèche avec les directions de la SNCF et de la RATP, tente de briser la grève par la répression. C’est ainsi cette même police qui a tué Adama Traoré, qui a mutilé des dizaines de Gilets jaunes et qui a assassiné Cédric Chouviat qui intervient aujourd’hui sur les piquets de grève des dépôts de bus afin de mater tous ceux qui viendraient exercer leur droit de grève, tenter d’effectuer un blocage efficace de l’économie et ainsi s’opposer à l’ordre établi.

C’est cette même police qui a matraqué Irène, qui a mis deux grévistes en garde à vue ainsi que des dizaines d’autres manifestants durant la manifestation du 9 janvier. Et c’est dans cette même logique que la direction de la RATP a imposé des conseils disciplinaires à plusieurs grévistes, dans l’espoir de les faire taire, de les décourager et dans le même temps de démotiver tous les grévistes. Lundi, c’était ainsi Yassine, François et Patrick qui passaient en disciplinaire, ainsi que Hani ce mardi. La stratégie de la direction est donc claire : Museler ceux qui osent s’exprimer et menacer l’ordre.

C’est ce qu’a dénoncé Anasse, lui aussi en grève depuis le premier jour de la mobilisation, dans sa prise de parole. Il estime que cette mesure disciplinaire est profondément injuste et infondée et en sanctionnant ainsi les « lanceurs d’alerte » selon ses mots, la direction coupe court à tout dialogue social. En effet, Hani encourt une mise à pied d’un, voire de deux mois, alors que de telles mesures disciplinaires dépassent rarement les douze jours en tant normal, pour punir des fautes considérées comme des fautes gaves. Une telle sanction apparaît totalement disproportionnée et dans le seul but de réprimer les écarts de conduite des grévistes et ainsi de briser la grève à sa base, en écrasant les plus virulents. Ils tentent de décourager les grévistes, les intimider pour limiter leur force d’action, toutefois les grévistes sont et restent plus déterminés que jamais à en découdre avec un gouvernement et une direction qui les oppriment par tous les moyens. Ils ont conscience de tout cela et de l’enjeu que pourrait représenter une victoire face au gouvernement, ils ne comptent pas se laisser impressionner. En soutenant Hani aujourd’hui, ils montrent à leur direction qu’ils ne comptent en aucun cas se laisser faire. Anasse a d’ailleurs annoncé que si une quelconque sanction était prise contre lui, le secteur du Bourget ouvrirait une caisse de grève pour lui venir en aide ainsi qu’à sa famille.

Encore une fois, de nombreux intervenants ont appelé la grève à se généraliser au secteur privé et se sont adressés à l’ensemble des grévistes pour leur adresser leur soutien en ces temps difficiles. Après quarante et un jours de grève, la fatigue et les difficultés d’ordre financières se font sentir, il est de plus en plus difficile pour les grévistes de tenir le coup et de faire face à la pression grandissante. « Après quarante et un jours de grève, rappelle Anasse, il est normal de se poser des questions, de douter mais il ne faut en aucun cas abandonner la lutte maintenant, et tenir jusqu’au retrait tant attendu de la réforme ». Un combat qui aurait pu se cristalliser autour de la seule réforme des retraites en a largement dépassé les frontières en incluant au débat la question des jeunes générations, de la société qu’on leur léguerait que l’on espère différente. Car au-delà du projet de réforme qu’elle combat, cette grève est porteuse d’un espoir plus grand pour eux mais surtout pour leurs enfants car « personne ne veut d’un monde dans lequel on bosse jusqu’à la mort où on est chômeur ou SDF, on veut une société différente » déclare Arnaud, étudiant.

En plus des difficultés financières réelles, les grévistes rencontrent également des difficultés sur le terrain : Les violences policières et la répression qui ont sévit toute la semaine dernière sur les piquets tournants et lors des manifestations. Entre lacymo, matraque et LBD, on a pu toute la semaine passée être témoins de l’usage de plus en plus fréquent de la force et de la violence qui permettent encore à Emmanuel Macron de tenir contre une opposition grandissante et déterminée à en découdre avec lui. En effet cet usage banalisé de la force démontre bien la faiblesse du gouvernement qui craint les débordements populaires.

Le gouvernement s’acharne donc de plus en plus explicitement contre le mouvement des grévistes. Entre l’intimidation et la violence des forces de l’ordre d’une part, et les menaces pouvant aller jusqu’à de réelles sanctions disciplinaires de la direction d’autre part, la volonté de les décourager et de les démobiliser est claire. Cependant les grévistes, loin de se laisser abattre comptent bien au contraire continuer la lutte jusqu’à la victoire, jusqu’au retrait !




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