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Politique

Education et crise sanitaire

Des clusters dans les écoles en Guadeloupe. Et ailleurs rien ?

Le rectorat de la Guadeloupe reconnaît que des clusters se sont développés en milieu scolaire récemment. À des années lumières des mensonges de Blanquer, la réalité de la contamination dans les lieux d'études commence à être reconnue.

lundi 12 octobre

Jean Castex le proclame : la France est « dans une deuxième vague forte » et « il ne peut plus y avoir de relâchement ». Toute la France ? Oui, sauf dans les écoles, ces sanctuaires de la République, magiquement protégés des effets de la crise sanitaire, si l’on en croit les paroles du ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer. Pourtant, derrière l’écran de fumée, la lumière fait jour et la réalité finit quand même par s’imposer en dépit de toutes les manœuvres pour la faire disparaître sous le tapis.

En Guadeloupe, l’identification de clusters dans deux collèges et à l’Université des Antilles à partir du 6 octobre dernier par la direction de l’Agence régionale de santé ne fait plus de doute sur la dangerosité des écoles. Impossible pour les autorités de renvoyer chacun à sa responsabilité individuelle, les contaminations ont belles et bien eut lieu dans le cadre scolaire. 60 élèves et 35 enseignants ont ainsi été contaminés entre le 28 septembre et le 4 octobre dernier.

Si Christine Gangloff-Ziegler, la rectrice d’académie de Guadeloupe, affirme qu’elle et l’ARS « maîtrisent la situation dans les établissements » en suivant avec précisions les cas positifs, il n’en reste pas moins que la sonnette d’alarme avait été tirée par les syndicats bien avant et que l’urgence de la situation n’a pas été mesurée à sa juste valeur.

Le syndicat enseignant SNES-FSU de Guadeloupe alerte, en effet, sur le nombre préoccupant de cas positifs en milieux scolaire. Ainsi, 88 cas de Covid-19 sont-ils liés au milieu scolaire sur les 734 cas présents sur l’archipel, ce qui ne représente pas moins de 12% des cas répertoriés actuellement. Désormais, face à l’ampleur des faits, la rectrice est forcée de reconnaître les faits. Mais elle tarde toujours à renforcer le protocole sanitaire.

La semaine dernière, il y a eu 88 cas de #COVID19 dans le milieu scolaire sur les 734 en #Guadeloupe.
12% des cas sont...

Publiée par SNES-FSU Guadeloupe sur Mercredi 7 octobre 2020

Eddy Ségur, secrétaire général de la FSU Guadeloupe, dénonce cette situation : « nous ne cessons de dire que les écoles ne sont pas protégées contre le virus, nous ne cessons de dire que les masques ne suffisent pas et que donc nous assistons à ce que nous ne cessons de dénoncer ». Il redoute que cette gestion catastrophique de la pandémie ne conduise à un deuxième confinement pour les élèves qui serait le résultat pourtant prédictible de l’absence de distanciation dans les salles de classe et de la pénurie de gel hydroalcoolique et de savon dans les établissements.

Comme le dénonçait en avril dernier Elie Domota, secrétaire général de l’Union générale des travailleurs de Guadeloupe (UGTG), la gestion « criminelle » et « coloniale » de la crise sanitaire saute aux yeux en Guadeloupe. En métropole, la situation n’est pas plus reluisante : la réalité du virus est là mais les autorités nient en bloc l’insuffisance du protocole sanitaire mis en place. Pourtant les équipes sur le terrain, à l’exemple de l’AG des lycées du 93 alertent sur l’impossibilité d’appliquer un protocole sanitaire digne de ce nom en l’absence de moyens conséquents et lorsqu’on casse systématiquement l’école publique et dénoncent l’incurie de Blanquer dans la gestion de la crise sanitaire.




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