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Politique

Délires de la presse bourgeoise

Des éditorialistes choqués que les professeurs exigent des protections pour reprendre le travail

Sur CNews, Elisabeth Lévy et Pascal Praud racontent à quel point ils sont outrés par la polémique suscitée par l’annonce de la réouverture des écoles le 11 mai. "La vie, c’est prendre des risques !" s'exclame Lévy. Les deux éditorialistes révèlent tout leur mépris des travailleurs en première ligne et des règles sanitaires élémentaires.

mardi 21 avril

Elisabeth Lévy a pris la parole sur CNews pour dire sa « révolte » face au comportement soi-disant égoïste des professeurs. « Je suis très inquiète quand j’entends des profs dire "on ne va pas aller donner des cours parce qu’on prend des risques" – la vie c’est prendre des risques ». Elle ajoute : « Les soldats, quand ils vont à la guerre, ils vous disent "venez la faire à ma place" ? ». Pascal Praud, lui, s’était déjà exprimé sur la question jeudi dernier : « Quand j’entends les professeurs qui ne vont pas aider Emmanuel Macron le 11 mai, parce que la sécurité... Les profs à un moment faut y aller le 11 mai ». Il décide ensuite de s’attaquer à une autre profession de récalcitrants : les postiers : « Et c’est comme les postiers, disons-le : les postiers qui sont à la poste et qui sont arrêtés… Il y a quelque chose… Mais c’est la fonction publique ! Pardonnez-moi, mais c’est la fonction publique ! »

Signalons que Pascal Praud se fait plus ardent à défendre la fonction publique lorsqu’il s’agit de condamner en son nom ceux qui refusent de l’exercer quand aucune mesure de sécurité n’est assurée et qu’il n’y a pas de moyens de protections en pleine période de pandémie, que quand ces derniers décident de faire grève pour sauver ce qui peut encore l’être.

Cette attaque d’un mépris sans nom, se révèle également d’une bêtise à peine croyable quand la reprise des cours, ou du travail non essentiel, en plus de mettre en danger des vies humaines, pourrait être à l’origine d’un second souffle pour le virus. C’est ce qu’affirme Patrick Brouet, président du Conseil national de l’ordre des médecins : « déconfiner le milieu scolaire reviendrait à remettre le virus en circulation… Le virus pourra revenir dans les familles, restées confinées pendant deux mois » et ce davantage encore quand le gouvernement a démontré son incapacité à assurer des moyens élémentaires de protection. Alors non, Monsieur Pascal Praud, la sécurité n’est pas une gageure, c’est la condition non négociable de la reprise du travail, sinon nous encourrons une deuxième vague du virus. Des vies sont en jeu.

Les deux éditorialistes font preuve d’un grand mépris pour les travailleurs, en première ligne face au virus depuis le début du confinement ; pour ces postiers qui ont continué à exercer leur travail et ce au péril de leur vie et de celles de leurs proches ; pour ces profs qui ont dû assurer la continuité pédagogique pendant que Pascal Praud et Elisabeth Lévy animaient tranquillement leurs émissions et ce pour un salaire bien supérieur. Ces éditorialistes bourgeois font une nouvelle démonstration de leur mépris de classe.

Sur Twitter, nombre de professeurs et d’anonymes ont dénoncé le profond mépris de classe à l’œuvre dans leur propos.




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