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Du Pain et des Roses

Appel du collectif Du Pain et des Roses

Dès le 5 décembre, les organisations féministes doivent prendre part à la grève !

Parce que la réforme des retraites va particulièrement toucher les femmes, elles qui sont les plus exposées à la précarité et aux violences sociales et sexistes, le collectif Du Pain et des Roses appelle les organisations féministes à se mobiliser aux côtés des salarié.e.s et étudiant.e.s à partir du 5 décembre et à construire un mouvement d’ampleur contre le plan du gouvernement.

mercredi 4 décembre

Réforme des retraites : une attaque sans précédent contre les femmes

La réforme des retraites que cherche à imposer le gouvernement touchera en premier lieu les femmes et les mères de famille. Le système par points va en effet aggraver les écarts de pensions entre les hommes et les femmes, actuellement de 42% en raison des inégalités salariales, du fait d’emplois plus précaires ou moins qualifiés, ainsi que de carrières plus courtes. On estime que parmi les 1/3 des retraités vivant sous le seuil de pauvreté en France, 2/3 sont des femmes. En tant que femmes, nous sommes contraintes de partir plus tard à la retraite, du fait de carrières plus courtes -liées aux carrières hachées, aux congés maternités- et finissons plus souvent avec des retraites décotées, ce qui arrive quand on part avant l’âge du taux plein.

En prenant en compte toute la carrière au lieu des vingt-cinq meilleures années pour le régime général ou les six derniers mois pour la fonction publique, il intègre les plus mauvaises années dans le calcul de la pension, et donc chaque période non travaillée, à temps partiel, en congé parental, au chômage, ou mal rémunérée, qui fournissent peu ou pas de points : autant de manque à gagner pour nous les femmes, qui occupons les positions les plus précaires sur le marché du travail !

En s’attaquant également aux droits familiaux, la réforme vise directement les mères de famille. Actuellement, avoir un enfant donne droit à la mère à la prise en compte de trimestres supplémentaires dans le calcul de sa retraite, lui permettant de partir un peu plus tôt. À cela s’ajoute une majoration de pension de 10% pour chaque parent, à partir de trois enfants. Ce que souhaite faire le gouvernement c’est supprimer ces droits et les remplacer par un bonus de 5% par enfant, attribué à l’un des deux parents, au choix du couple. Or, comme les pères gagnent plus, on se doute que les couples choisiront de majorer la retraite du père, ce qui posera problème pour la mère en cas de séparation. Les mères isolées seront les plus grandes perdantes, surtout à partir de 3 enfants !

Enfin, le projet Delevoye s’attaque à la pension de réversion, touchée lors du décès du conjoint, et dont 90% des bénéficiaires sont les femmes. Elle représente aujourd’hui un quart de la pension des retraitées en moyenne. Le projet supprime ce droit pour les personnes divorcées ou remariées, et en retarde également l’âge d’accès.

Enfin, en mettant en place un système de retraite par point, dont la valeur serait variable, les futurs gouvernements disposeraient d’un levier d’ajustement important, menaçant continuellement la retraite de tous les précaires, jeunes, étudiant.e.s, travailleurs et travailleuses ainsi que celles et ceux qui ne peuvent se payer une retraite par capitalisation !

Alors que le gouvernement a fait la promesse hypocrite de faire de l’égalité femme-homme la priorité de son quinquennat, le récent Grenelle contre les violences faites aux femmes a démontré n’être qu’une vaste opération de com’ débouchant sur des mesurettes, alors que le gouvernement participe à la violence sociale contre les femmes et les travailleur.ses

Battons-nous pour notre droit à la retraite, ainsi qu’à un travail digne !

Face à cette attaque contre la jeunesse, les travailleurs et les travailleuses, il s’agit d’exiger le retrait de la réforme, elle n’est ni amendable ni négociable. Une retraite à 60 ans à taux plein, peu importe la durée de cotisation et le type de contractualisation -notamment pour les travailleurs précaires qui ne cotisent pas-, et de 55 ans pour les travaux pénibles. Ces mesures doivent être financées par le patronat au moyen d’une hausse des cotisations patronales, sans augmentation des cotisations salariales.

Parce que notre retraite dépend de nos conditions de travail, nous luttons pour la fin du travail précaire, pour un CDI et la titularisation de toutes les travailleuses et travailleurs. À travail égal, conditions, droits et salaires égaux. Pour l’égalité dans le déroulement de carrière. Pour la répartition du travail entre toutes et tous pour en finir avec le chômage, et sans perte de salaire.

Nous revendiquons des crèches sur les lieux de travail, financées par le patronat, afin que les enfants ne soient pas à la charge exclusive des mères et que celles-ci n’aient pas à interrompre leur carrière, ou à devoir concilier emploi précaire et vie de famille.

Nous revendiquons la création de commissions de femmes dans tous les lieux de travail et organisations syndicales, ainsi que sur nos lieux d’études, pour qu’on puisse s’auto-organiser et ainsi lutter aux côtés de nos camarades hommes face à cette régression sociale. Assez des discriminations ! Assez d’attaques menées contre nos droits sociaux !

Les organisations féministes doivent rejoindre la bataille le 5 décembre, et aider à construire la mobilisation !

Alors que la journée du 5 décembre s’annonce historique avec de nombreux secteurs du public, du privé, des étudiants, qui rejoignent l’appel à la mobilisation et à la grève, reconductible dans plusieurs secteurs, nous appelons tous les collectifs féministes à participer à cette journée de mobilisation, et à appuyer la construction d’une bataille d’ampleur contre ce gouvernement, qui a démontré ne pas être notre allié.

Nous, militantes de Du Pain et des Roses seront dans les pôles féministes existants et ; en tant qu’étudiantes et travailleuses, présentes au sein des cortèges respectifs de nos facs et de nos professions, afin de construire la grève et l’auto-organisation, contre toutes celles et ceux qui cherchent à négocier la régression sociale !

Le communiqué de Du Pain et des Roses d’appel à la journée du 5 décembre :




Mots-clés

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