^

Jeunesse

Blocage à Henri Wallon

Des lycéennes en première ligne sur leur blocus : « On nous demande jamais ce qu’on veut pour notre avenir »

C’est dès sept heures du matin que le lycée Henri Wallon, à Aubervilliers, a bloqué, pour protester contre la tenue des E3C. Presque une centaine de lycéen.ne.s s'est réunie pour empêcher la réalisation des examens, accompagnés de quelques professeurs en grève venus pour montrer leur soutien. Les lycéennes sont en première ligne : elles animent au méga, tiennent et organisent le blocage.

jeudi 6 février

Une image qui rappelle celle du Chili, où ce sont aussi des lycéennes qui, en fraudant massivement au métro, ont déclenché une mobilisation massive et historique de la population contre Piñera et son monde néolibéral.

Comme les lycéen.ne.s le soulignent, ils ne bloquent pas uniquement pour protester contre la réforme du Bac. C’est contre toute la politique des réformes néolibérales menée par Macron qu’ils se manifestent aujourd’hui, puisqu’il leur est clair que toutes ces réformes ne cherchent pas à en finir avec la discrimination envers les quartiers populaires, les femmes, l’islam et les ouvriers et leurs familles ; mais à faire perdurer un système qui a besoin de ces oppressions et de l’exploitation pour continuer à générer le profit d’une petite caste de parasites. Le gouvernement veut imposer un avenir rempli de précarité, d’incertitude, de souffrances et de rivalité à une jeunesse qui n’en veut pas et qui le fait entendre, une jeunesse qui s’insurge contre l’ordre établi pour construire un avenir qui lui soit propre. Un avenir qui doit être construit aux côtes des travailleurs, qui se battent depuis deux mois contre la réforme des retraites et plus largement pour l’avenir des prochaines générations.

Tout au long de l’histoire des luttes contre ce système capitaliste, qui nous exploite et nous opprime, les femmes ont toujours été en première ligne de la bataille. La lutte ne leur fait pas peur, au contraire, elles ont conscience qu’elles n’ont que ses chaînes à perdre, et tout à gagner. C’est pourquoi il n’est pas étonnant que des lycéennes dirigent la mobilisation de leur lycée. Elles savent qu’il vaut mieux sacrifier une bonne note pour faire entendre leur voix ignorée et réprimée, parce qu’elles sont déterminées à défendre la seule chose qui leur appartient, et qu’on veut leur arracher : leur avenir. Elles pointent la profondeur des problèmes de la société, pour montrer qu’elles ne veulent pas de la même chose, et qu’elles vont lutter pour ce qui leur convient vraiment : un monde où on ne devra pas se casser « les mains et les pieds » au travail pour survivre, un monde où les personnes ne seront pas traitées différemment en raison de leur couleur de peau, un monde où les femmes et l’ensemble des identités sexuelles seront pleinement émancipées, un monde où la liberté de tous sera la condition nécessaire à la liberté individuelle.

Place à la jeunesse !
Place aux femmes !




Mots-clés

E3C   /    Education nationale    /    Jean-Michel Blanquer   /    Féminisme    /    Islamophobie   /    Lycées   /    Education   /    Jeunesse