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Des magasins obligent leurs clients à acheter d’autres produits pour acheter des masques

Interrogé par Franceinfo, Lionel Maugain, journaliste à 60 Millions de consommateurs, explique que des magasins font des ventes liées, obligeant à acheter d’autres produits pour accéder à des masques. Pratique interdite en France, ils n’ont pas de scrupule pour faire du profit.

jeudi 7 mai

Alors que les prix ont explosé, les grandes enseignent n’hésitent pas à passer dans l’illégalité pour faire du profit sur la vente des masques. C’est ce qu’explique Lionel Maugain, journaliste à 60 Millions de consommateurs, à Franceinfo. Selon lui, elles font de la vente liée et « c‘est interdit en France ».

Interrogé par le journal sur l’Intermarché de Cherbourg-en-Cotentin, qui n’autorise la réservation de masque qu’à ses clients ayant la carte du magasin, il répond qu’ « il n’y a pas qu’un seul Intermarché qui se soit comporté comme cela. Malheureusement, il y a plusieurs points de vente, et pas que dans le réseau Intermarché, qui ont obligé les gens qui souhaitaient acheter des masques à avoir la carte. Il y a eu pas mal de refus si vous n’aviez pas la carte du magasin, notamment chez Intermarché, mais pas seulement. »

Mais les magasins ne s’arrêtent pas là puisque, comme le souligne le journaliste, « il y a aussi certains magasins qui se permettent d’obliger les gens à acheter d’autres produits pour obtenir les masques. Ça c’est quand même incroyable de contraindre à l’achat d’autres produits ».

Lionel Maugain explique également qu’il y a des bugs sur les TVA, ce qui rend les masques plus chers. « La TVA n’est plus à 20 % mais à 5,5 %. Il y a, notamment dans le réseau Intermarché, des dispositifs informatiques de caisse qui n’ont pas été rectifiés ».

Les prix justement, se sont envolés depuis le début de la pandémie. « On a calculé que le prix du masque chirurgical jetable a augmenté de 600 % depuis deux mois » souligne Lionel Maugain. D’après lui, c’est dû à « une spéculation internationale incroyable. On en paye le prix dans les grandes surfaces puisque 60 centimes, c’est quand même très cher, même s’il est probable que les enseignes vendent sans marge comme elles s’y sont engagées ».

Justement, c’est bien parce que les enseignes se sont engagées à vendre sans se faire de marge qu’elles obligent les clients à acheter d’autres produits. Une course au profit qui a de quoi provoquer la colère. On rapporte déjà quelques tensions autour de la vente de masque. Une colère encore plus justifiée lorsque l’on sait que la société d’études IRI a analysé qu’entre fin février et le 22 mars, « le chiffre d’affaires de la grande distribution alimentaire a gagné 22 % », comme expliqué dans Les Echos.

L’obligation du port de masque dans certains cas, comme dans les transports en commun, obligera donc les clients à en acheter, ce qui va avoir un coût non négligeable pour les ménages alors que la crise financière due au COVID-19 ne fait que commencer.

Selon 60 millions de consommateurs, le coût va différer par rapport au choix de masque en tissu ou jetable. « Avec le tissu, pour une famille qui a un enfant qui va au collège, on peut être entre 40 et 60 € par mois. Si on achète des masques jetables, on est au-delà de 100 €, on peut même monter jusqu’à 115, 120 €. »

D’après 60 millions de consommateurs entre le 13 mars et le 4 mai, le prix du masque jetable est passé de 3 centimes pièces à 60 centimes. « Une inflation de 567 % ! »

Si l’État a plafonné par décret le prix à 0,95 € TTC, il ne permet pas l’accès gratuit aux masques et laisse des sociétés privés les vendre. Au lieu de ça, l’État menace d’une amende en cas de non port de masque dans les transports. Il fait le choix de la répression une fois encore. C’est ce que regrette un cadre de santé de l’APHP dans l’article de 60 millions de consommateurs « L’État a fait le choix de ne pas les distribuer gratuitement à la population, et de menacer d’amende ceux qui ne le portent pas dans les transports ». C’est pourquoi il faut réclamer la distribution gratuite des masques pour tous et toutes et ne pas laisser les entreprises privées faire du profit sur cet objet devenu indispensable.




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