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Politique

Affaire Benalla

Des membres de l’Élysée responsables de la disparition des coffres de Benalla ?

Selon Mediapart, un témoin entendu mardi par la Brigade criminelle aurait affirmé que des membres de l’Élysée auraient joué un rôle dans la fameuse disparition des deux coffres-forts de Benalla.

jeudi 23 janvier

C’est Mediapart qui a révélé l’information ce mercredi. Chokri Wakrim, sous-officier de l’armée de l’air et compagnon de l’ex-cheffe de la sécurité du Premier ministre, a expliqué à la Brigade criminelle que deux membres de l’Élysée étaient présents avec l’un des coffres de Benalla dans l’appartement de Pascale Perez, une femme d’affaire ayant apporté son aide à Benalla.

D’après Chokri Wakrim, il s’agirait de Christian Guédon, membre du Groupe de sécurité de la présidence de la République (GSPR), et de Ludovic Chaker, ex-secrétaire général d’En Marche et conseiller du chef d’état-major particulier du président. Il semble improbable que ces deux hommes puissent agir sans avoir reçu un ordre direct.

Le coffre aurait été vidé juste avant la perquisition rocambolesque de l’été 2018. Le contenu aurait été transporté dans un sac de sport que Chokri Wakrim aurait vu au domicile de Pascale Perez.

Depuis, il y a une enquête afin de déterminer s’il y a eu dissimulation de preuves par Benalla. D’après le témoignage de Chokri Wakrim cela se serait donc fait avec la complicité des deux hommes de l’Élysée et de fait, avec celle du plus haut sommet de l’État.

Ludovic Chaker a d’ores et déjà reconnu avoir participé à l’exfiltration de la famille Benalla mais conteste le fait d’avoir vidé le coffre. Même son de cloche pour Christian Guédon malgré le fait que Chokri Wakrim ait affirmé avoir été témoin d’une conversation où Benalla aurait demandé à Guédon de vider son deuxième coffre-fort, celui-ci à l’Élysée.

La déposition de Chokri Wakrim vient confirmer ses propres propos tenus en juin dernier lors d’un reportage d’Envoyé Spécial.

Alexandre Benalla dément être responsable de la disparition de ses coffres-forts. Chokri Wakrim, accusé par Libération début 2019 d’avoir lui-même déplacé le coffre, dément également son implication.

Cette déposition ne rajoute rien à ce qu’on supposait déjà. Elle vient renforcer les soupçons sur l’implication de l’Élysée pour protéger Benalla et faire en sorte que ce qui se trouvait dans ces fameux coffres-forts ne tombe pas entre les mains de la justice. Cette déposition intervient au mauvais moment pour Macron. Car si elle ne rajoute rien elle pourrait tout de même relancer plus activement l’enquête autour de Benalla alors que Macron doit déjà faire face à l’un des plus longs mouvements sociaux du pays avec la lutte contre la réforme des retraites.




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