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Des milliers d’emplois dans le viseur d’un plan de licenciements massif à Air France

Alors que la crise sanitaire met presque à l’arrêt le secteur aérien, les résultats trimestriels d’Air France sont dans le rouge. Pour faire des économies et maintenir ses profits le groupe prévoit un plan de licenciements massifs sous couvert de « départs volontaires ».

mardi 12 mai

Crédits photos : PHILIPPE LOPEZ / AFP

Le secteur aérien a été particulièrement touché par la pandémie de Covid-19 puisque tous les vols ont été annulés et que l’activité ne pourra sûrement pas reprendre pleinement avant 2022 selon les estimations les plus optimistes. Ben Smith, directeur général d’Air France estime ainsi que l’activité d’Air France ne représente actuellement « plus que 2% à 3% du programme normal d’un mois d’avril » . -> https://www.lefigaro.fr/flash-eco/air-france-va-engager-un-plan-de-depart-volontaire-20200425 Ainsi le groupe Air France-KLM a perdu 1,8 milliards d’euros sur le premier trimestre et la branche néerlandaise KLM avait déjà annoncé 2000 licenciements en mars. Or la branche KLM a eu un chiffre d’affaire en baisse de 9,7% au premier trimestre et Air France a vu ce chiffre baisser de 17,8%, ce qui annonce des licenciements bien plus importants quand en février il en était déjà prévus 1 500. Pour éviter la faillite d’une de ses entreprises les plus importantes, l’Etat français a donné 7 milliards d’euros à Air France mais sans aucune assurance du maintien de l’emploi en contrepartie.

Les prévisions budgétaires d’Air France pour les prochains mois sont de 400 millions d’euros par mois au lieu de 2 milliards habituellement. Or les économies les plus importantes seront faites sur les salaires, sur l’augmentation du temps de travail et sur la réduction des effectifs bien trop nombreux au vu de l’activité dont les capacités structurelles seront réduites de 20% d’ici l’année prochaine. Air France emploie 41 000 salariés en CDI et 11 000 contrats précaires qui seront les premiers impactés par toutes ces mesures comme le chômage partiel qui a déjà permis 350 millions d’économies au groupe. Dans un entretien donné à Reuters le Directeur général d’Air France Benjamin Smith a d’ores et déjà affirmé « entamer des pourparlers avec ses syndicats sur une éventuelle réduction de ses effectifs » qu’il cache derrière un plan de « départs volontaires ». Mais personne au sein de la compagnie n’imagine qu’un nombre aussi conséquent de salariés quittera de son propre chef l’entreprise. Puisque d’après les estimations encore incertaines de l’entreprise 6000 à 10 000 emplois seraient menacés, selon un dirigeant de la compagnie qui a souhaité garder l’anonymat -> https://www.liberation.fr/france/2020/05/07/air-france-klm-pres-de-2-milliards-de-pertes-et-un-lourd-plan-social-en-vue_1787681, ce qui se fera forcément par des plans de licenciements massifs. Rien que dans les services de personnels, de fonctions support, les effectifs devraient baisser de 30% et donc 2800 postes sont en danger, chez les pilotes et stewards ce sont 15% soit 1800 postes qui devraient être supprimés.

Toutes ces restructurations ont pour but de maintenir les profits du groupe et c’est en ce sens que l’Etat a donné 7 milliards à Air France, afin qu’il déploie les mesures de chômage partiels et de lui permettre une flexibilisation importante des conditions de travail et une liberté totale pour le patronat notamment avec les ordonnances de l’état d’urgence sanitaire. Le groupe Air France-KLM ne remboursera jamais ces 7 milliards et en profite pour licencier massivement avec la complicité des bureaucraties syndicales qui négocient ces plans dévastateurs.

Les travailleurs doivent eux-mêmes porter leurs intérêts en s’auto-organisant à la base Les salariés d’Air France-KLM doivent imposer l’interdiction des licenciements et la répartition du temps de travail, car les salariés n’ont pas à être une variable d’ajustement. Face aux menaces de suppression d’emploi il y a aussi urgence à revendiquer l’ouverture des comptes du groupe qui prétend être en faillite et doit par conséquent licencier alors qu’il reçoit des milliards de l’Etat. Avec la fin du secret commercial les travailleurs se rendront compte que de l’argent il y en a assez, quand la revendication de la transparence des comptes est un outil essentiel pour faire face au chantage à la faillite. Si les patrons d’Air France persistent, il sera nécessaire que tous les travailleurs s’organisent ensemble pour bloquer l’ensemble de l’activité de l’entreprise pour obtenir leurs revendications.




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