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Jeunesse

Toujours plus loin dans la répression

Des policiers encagoulés pour surveiller les E3C au lycée Hélène Boucher à Paris

La doctrine “voilà une classe qui se tient sage” continue de sévir à l’Éducation Nationale.

jeudi 6 février

Crédit photo : Mathilde Larrere

Aujourd’hui, les lycéens du lycée Hélène Boucher à Paris ont dû passer les E3C, épreuves du nouveau bac, sous la surveillance de policiers suréquipés, dont les visages étaient parfois dissimulés par des cagoules, et les mains posées sur les gazeuses, prêtsà dégainer au moindre signe de protestation.

Un cap a été franchi dans la répression de plus en plus violente contre les lycéen.e.s et les enseignant.e.s en lutte, dans la continuité des méthodes mises en œuvre contre les Gilets Jaunes. Si, pour Jean-Michel Blanquer, des « violences ont lieu aujourd’hui dans une petite minorité d’établissements », cette violence est une fois de plus du côté des réprimés, et non des forces de police qui ont menacés, gazés, et enfermés des lycée.n.es et enseignant.e.s, avec la bénédiction du ministère.

La carte des répressions des luttes dans l’Education fait état des actions coup de poing menées par la police dans une vingtaine d’établissements, dont les exemples du lycée Montesquieu, à Bordeaux, ou Victor et Hélène Basch, à Rennes, sont emblématiques. Depuis jeudi, au moins 24 élèves (12 au Mans, 3 à Paris, 3 à Pantin et 6 à Gagny) ont été placés en garde à vue, pour des feux de poubelle, ou pour avoir tenté de murer leur établissement.

À Hélène Boucher, ce matin, les policiers ont remplacé les auxiliaires de vie scolaire. Selon le comité de grève du 12ème arrondissement, le proviseur adjoint désignait même aux policiers quels élèves pouvaient entrer. Très peu d’élèves ont pu composer, et les épreuves ont fini par être annulées ; mais une chose est sûre : le bac Blanquer est sous le signe de la violence policière et de la répression croissante.

En choisissant d’ignorer la colère légitime des enseignant.e.s, des élèves et de leurs familles, en renforçant toujours plus la répression, en tentant une fois de plus la manipulation de l’opinion et en imposant un nouveau passage en force des réformes, le gouvernement Macron ne fait que renforcer la détermination de ceux qui luttent. Contre la stratégie du gouvernement, qui, en accumulant les réformes, comptait probablement sur l’épuisement de la détermination des enseignant.e.s face à la multiplication des fronts, la mobilisation dans l’Education Nationale semble ainsi avoir trouvé un nouveau souffle, qui, espérons-le, saura s’imposer dans la durée.




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