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Notre classe

Lutte pour l'emploi

"L’OPA on n’en veut pas !" 200 salariés de Suez devant le siège de Véolia pour défendre les emplois

Un rassemblement des travailleurs de Suez, premier fournisseur d'eau et de gestion des déchets dans le monde, avait lieu aujourd'hui devant le siège de Veolia à l'appel de l'intersyndicale de Suez (CGT, CFE-CGC, CFDT, FO, CFTC). Les salariés dénoncent l'OPA de Veolia sur Suez qui menace des milliers d'emplois.

mercredi 3 mars

Alors que Mr.Frérot, PDG de Veolia, continue de prétendre que l’accord de fusion avec Suez garantira les emplois de tous, les salariés de Suez se sont rassemblés en nombre et étaient près de 200 devant le siège de Veolia pour défendre leurs emplois et revenir sur ces annonces. Malgré une forte présence policière, qui a empêché toute intrusion, de nombreux soutiens étaient aussi sur place et parmi eux des élus de la France Insoumise, EELV, PS et PCF.

Cette OPA aura notamment pour effet de donner le monopole à Veolia sur un certain nombre d’activités. Or, les pouvoirs publics ont mis en place un certain nombre de règle pour éviter la constitution de monopole et permettre la libre concurrence. Afin d’éviter une éventuelle interdiction de rachat, Véolia a donc pris les devants en prévoyant la revente de certains actifs et activités de Suez. Autrement dit, Veolia va bel et bien démanteler Suez après l’avoir racheté, ce qui aura des effets directs sur les emplois.

Un salarié de Suez explique les problèmes que cela va engendrer en terme d’emplois  : « On a peur que cette OPA casse nos outils de travail et nos emplois ». En effet, contrairement à ce que veut montrer Veolia par l’affichage d’une banderole frappée du slogan « Veolia garantit vos emplois », les salariés ont de bonnes raisons de ne pas croire sur parole la direction du groupe et refuser l’OPA.
« Même si Frérot nous dit qu’il y aura de la place pour tout le monde, on ne le croit pas » répète un salarié pour qui les promesses de la direction n’engagent qu’elle. La coordination CGT du groupe Suez estime une diminution de 4300 ‘’a minima’’, un chiffre qui pourrait monter à 9300 suivant les activités dont Véolia se détachera ou non.

La cour d’appel de Versailles a mis mardi en délibéré au 15 avril son arrêt concernant l’information-consultation réclamée par les comités économiques et sociaux de Suez sur le projet de leur concurrent. Ceux-ci ont été déboutés par le tribunal de Nanterre le 3 février. Cette décision a permis à Veolia, qui a acquis début octobre 29,9 % du capital de Suez, de recouvrer « l’ensemble de ses droits », un atout essentiel en vue de la bataille d’actionnaires qui pourrait avoir lieu lors de la prochaine assemblée générale de Suez au printemps.

En attendant, après cette grosse journée de mobilisation, les salariés vont continuer la bataille dans la rue et sur le terrain juridique pour continuer de maintenir la pression sur le potentiel accord. Dans toutes cette manœuvre, les dizaines de milliers de travailleurs de l’énergie ne sont évidemment pas pris en compte. De plus, la déstabilisation engendrée par le rachat peut causer des dysfonctionnement pour des activités aussi vitales que l’acheminement et le traitement des eaux et des déchets. Ces activités ne devraient plus être soumises à la prédation du profit, c’est une expropriation de ces monopoles qui doit s’imposer, sous contrôle des travailleurs et usagers, pour que ces activités essentielles puissent se poursuivre en dehors de toute logique financières.




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