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Monde

Une pratique courante

Des salles de classes palestiniennes confisquées et revendues par l’État israélien

Le ministère israélien de la défense prévoit d'organiser une vente aux enchères la semaine prochaine pour vendre deux salles de classe préfabriquées qui avaient été données aux élèves palestiniens par l'Union européenne.

jeudi 6 juin

Crédit photo : Reuters / Mohamad

L’administration civile israélienne, l’organe en charge des territoires occupés, a démoli et confisqué les salles de classe en octobre dernier. Ils étaient destinés à 49 élèves d’une communauté palestinienne, à Ibziq, dans le nord de la Cisjordanie occupée.

Le village, situé en zone C, c’est-à-dire placé sous contrôle militaire israélien, serait selon l’administration civile un site archéologique biblique, d’où la confiscation des salles de classe en préfabriqué d’une valeur de plus de 15 000 euros.

La vente aux enchères de bien palestiniens,une procédure habituelle pour les autorités israéliennes

En Cisjordanie occupée, la vente aux enchères de matériel saisi par l’armée est devenue routinière. Selon Libération, on retrouve sur le même catalogue de vente, aux côtés des salles de classe, tout une série de biens confisqués, allant de matériaux de construction à une vieille Suzuki en passant par des cargaisons de presse-agrumes et d’écharpes. L’État israélien pille et humilie les populations palestiniennes en confisquant ces biens et s’enrichit par le même biais. Il n’y a pas de petits profits...

L’Union Européenne a exigé la restitution des salles de classe qu’elle a financées, ou leur reconstruction le cas échéant, en vain. « Chaque enfant a le droit à l’édu­ca­tion et les États ont l’obli­ga­tion de proté­ger, respec­ter et mettre en oeuvre ce droit en faisant en sorte que les écoles soient des espaces de sécu­rité invio­lables pour les enfants », a déclaré le repré­sen­tant de l’UE à Jérusalem, sans pour autant prendre plus de mesures – l’Union européenne restant alignée derrière les politiques colonialistes de l’État israélien.

L’administration civile israélienne a finalement annoncé le report de la vente aux enchères, officiellement pour des “raisons techniques” ; mais l’ampleur du scandale médiatique et diplomatique en est plus probablement la cause. En attendant, les enfants d’Ibziq n’ont plus de salle de classe depuis octobre dernier.

Les Palestiniens de Cisjordanie vivent au rythme des démolitions

Les Palestiniens ont une autonomie limitée dans certaines parties de la Cisjordanie, mais l’État israëlien conserve le contrôle total de la majeure partie du territoire et démolit systématiquement les maisons et les bâtiments qu’il affirme avoir été construits sans autorisations, autorisations qu’il délivre au compte-goutte. On estime que chaque année, entre 400 et 600 structures palestiniennes en zone C sont détruites par l’armée israélienne, et que 12% d’entre elles sont financées par l’UE ou des pays européens à titre d’aide humanitaire.

Selon le dernier rapport mensuel de l’ONU, les démolitions en Cisjordanie et à Jérusalem-Est de propriétés palestiniennes et les destruction d’installations et de matériel humanitaires (dont des écoles) sont de plus en plus fréquentes, et on atteint depuis 2016 une moyenne de quatorze par mois.

Dans le même temps, plus de 400 000 Israéliens se sont installés en Cisjordanie, construisant des colonies sur des terres saisies à des Palestiniens. Le Premier ministre, Benjamin Netanyahou, s’est engagé à annexer ces colonies, se garantissant ainsi un crédit auprès des franges les plus réactionnaire de la société israélienne au dépend des palestiniens.




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