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Politique

Des stages commando contre le décrochage scolaire : pas de « wesh, sinon c’est dix pompes ! »

Chaque année, depuis 2016, l’armée organise des « séjours de découvertes patriotiques et citoyennes » pour les jeunes. L’objectif ? « Vaincre le décrochage scolaire et […] renforcer le lien Armées-Jeunesse ». Le journal Le Parisien s’est immergé dans cette « colo patriotique » dans les Yvelines…

lundi 13 juillet

Crédits photos : LP/M.P.

On ne veut « pas entendre de wesh, sinon c’est dix pompes ! » lance le capitaine comme le rapporte le Parisien. Comme chaque année, plusieurs dizaines de jeunes âgés de 11 à 19 ans participent dans les Yvelines au stage organisé par le capitaine Nourouddine Abdoulhoussen. Une « colo patriotique » d’une durée de 10 où les jeunes en « décrochage scolaire » participe à des stages commandos en uniforme militaire.

Mais l’initiative n’est pas nouvelle. Comme chaque année, des « séjours de découvertes patriotiques et citoyennes » sont organisés en lien avec l’Education Nationale. Une initiative qui est née en 2016 dans le cadre d’« une action partenariale particulièrement originale » avec la délégation militaire départementale du Var » comme rapporté par un article de B. Girard que nous avions publiés. « Objectifs : « vaincre le décrochage scolaire et […] renforcer le lien Armées-Jeunesse ». Un entrainement qui est censé permettre aux jeunes décrocheurs d’« exprimer le meilleur d’eux-mêmes en se surpassant pour ensuite transférer ces acquis sur d’autres activités. Et pourquoi pas pour faire naître des vocations », comme le précisait l’académie de Nice.

Dans les Yvelines, cette colo patriotique semble vouloir rejoindre ces mêmes objectifs. Dans un village du Sud des Yvelines à Choisel, c’est un ancien officier de l’armée de terre qui dirige les opérations. Cette années, il regrette la fonte de ses effectifs pour cause de coronavirus. « On en avait davantage, mais avec le Covid-19, beaucoup ont annulé leur participation », explique-t-il.

La plupart de membres du campement sont issus des quartiers populaires. « Ici, je ne veux pas entendre de wesh, sinon c’est 10 pompes chacun » lance l’officier à ces jeunes comme le rapporte le Parisien. L’objectif ? « Leur faire aimer la République » et instaurer un rapport « d’autorité ». Le matin au levé, on y lève le drapeau et on y chante La Marseillaise. C’est ce qu’exprime, Albert 25 ans, employé du BTP au journal Le Parisien : « J’ai de bons et de moins bons souvenirs, confie-t-il. Quand on est jeune, on ne comprend pas forcément l’autorité. Avec le temps, ça prend du sens ». Aujourd’hui, ‘’il est monté en grade et se charge d’encadrer les plus jeunes. « Dépêchez-vous », lance-t-il à l’équipe « vaisselle »’’, explique le Parisien.

Sous le prétexte de la lutte contre le « décrochage scolaire », ces missions ont en réalité un objectif clair : promouvoir l’adjudant au rang d’éducateur, recréer les liens Armées-Jeunesses, mais encore encaserner les jeunes. L’objectif est donc de faire intégrer, les principes de l’autorité comme une forme de contrôle social notamment sur la jeunesse des quartiers populaires. Des stages commando qui visent aussi à faire oublier une réalité : à savoir que la fonction de l’armée est de faire la guerre.

Une institution militaire qui, dans le contexte actuel de contestation de l’institution policière et plus généralement de remise en question des symboles de l’héritage coloniale avec la vague de déboulonnage de statues à travers le monde, pourrait bien elle aussi se fragiliser à l’aune de la contestation actuelle.




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