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Sur France 2, Blanquer continue à mépriser le personnel de l’éducation et à nier la crise

Alors que les chiffres annoncés par le ministère de l’Education nationale sont aujourd’hui largement remis en cause, Jean-Michel Blanquer persiste et signe. Invité sur le plateau de l’émission « On est en direct » sur France 2, le ministre a choisi de minimiser au maximum la situation que vivent aujourd'hui les personnels de l'éducation et les élèves, affichant une nouvelle fois son mépris, tout en cherchant à banaliser la crise pour se déresponsabiliser de cette situation catastrophique.

lundi 31 janvier

Samedi 29 janvier dernier, Blanquer était l’invité de l’OEED et a pu parler pendant une demi-heure de la situation dans l’éducation. Comme si la mobilisation historique des travailleurs de l’éducation le 13 janvier n’avait pas eu lieu, Blanquer y a continué à mépriser les enseignants, en prétendant que le personnel est « débordé par Omicron » et non pas par le refus du gouvernement de leur donner de véritables moyens pour gérer la crise. Le ministre s’est encore une fois félicité de sa gestion, minimisant le caractère catastrophique de la situation sanitaire et attribuant les problèmes au virus.

Blanquer a ainsi revendiqué tout au long de l’interview le fait que les écoles soient restées ouvertes à tout prix. Le ministre trouve normal d’avoir communiqué le protocole du dimanche au lundi, car il ne pouvait pas « faire autrement », et il trouve normal que le protocole ait changé quatre fois en dix jours, considérant qu’ « il faut qu’il ait de l’adaptation, il faut qu’il y ait de changements ». En même temps, il se dit surpris et dépassé par la pénurie de tests (essentiels dans son protocole), qu’il explique par le nombre de personnes contaminées et dont, ironiquement, la gestion de son gouvernement est la principale responsable.

« Les enseignants sont au-dessous de la moyenne des professions les plus contaminées »

La veille de l’entretien, 21 049 classes étaient fermées en France et un demi-million d’élèves testés positifs dans les 7 derniers jours avaient été comptabilisées. En ce qui concerne les enseignants, un total de 37 000 a été testé positif en une semaine. Cependant, Blanquer a continué à insister, sans honte, sur le fait que « les enseignants sont au-dessous de la moyenne des professions les plus contaminées » et qu’ils ont « des symptômes pas très graves ». Des déclarations scandaleuses, qui ne se fondent sur aucune donnée réelle, et qui interpellent une fois de plus sur les « approximations » du ministre, dans un contexte où les autorités scientifiques elles-mêmes soulignent que le variant Omicron reste mortel : le variant Omicron concerne actuellement la majorité des décès hospitaliers avec Covid-19.

Et comme si ce n’était pas trop de mépris, il défendait ses propos comme « une manière de féliciter l’ensemble des enseignants et des personnels de l’éducation nationale qui respecte plus les gestes barrières, qui se font plus vacciner. C’est le signe d’une profession très responsable ».

Blanquer poursuit ainsi la stratégie gouvernementale de la responsabilité individuelle, qui masque le choix désormais assumé d’un « laisser circuler » le virus, dans l’objectif d’atteindre une forme d’immunité collective, le tout pour pas impacter l’économie, ni investir un centime pour limiter la propagation de l’épidémie. Si enseignants et élèves sont contaminés, ce n’est pas parce qu’ils ne respectent pas les gestes barrières, mais à cause d’un protocole désastreux et d’un énorme manque de moyens pour maintenir les écoles ouvertes dans des bonnes conditions. Le nombre d’enseignants et d’élèves infectés et malades est abyssal et interfère directement avec les conditions d’apprentissage des élèves, qui se retrouvent sans enseignants (la stratégie de remplacement de Blanquer étant un échec) et qui sont contraints de manquer plus d’une semaine de cours à cause des contagions.

Une gestion entre scandales et fiascos

Ancien chouchou de la macronie, Jean-Michel Blanquer poursuit ainsi l’entreprise de recomposition de son image, après les journées de crise ouvertes lors de la grève massive du 13 janvier, suivie par les révélations de Mediapart autour du « protocole Ibiza ». Deux moments qui ont provoqué une instabilité dans le ministère Blanquer, et qui ont conduit plusieurs grands médias à s’intéresser – enfin – aux mensonges de Blanquer. L’émission Désintox, sur Arte, a ainsi pointé les « mauvais comptes » de Jean-Michel Blanquer (qui annonçait le 11 janvier 50 000 cas de Covid dans les écoles… contre 400 000 dans la réalité), tandis que le journal Le Monde pointe « deux ans de déclarations approximatives ». C’est le moins que puissent dire les personnels, qui dénoncent depuis des mois les mensonges de Blanquer – voir le #Blanquerment.

Les travailleurs de l’éducation ont manifesté lors d’une journée historique le 13 janvier, non seulement contre le protocole Blanquer mais contre tout le mépris du gouvernement Macron envers les travailleurs en cette période de crise sanitaire, qui est venue approfondir l’énorme crise que connaissent les services publics depuis des années. Face au mépris de la classe dirigeante et avec la force des dernières mobilisations, nous devons exiger immédiatement des embauches massives, le recrutement au statut de tous les travailleurs précaires de l’éducation ainsi qu’une revalorisation des salaires des travailleurs, dont le point d’indice est gelé depuis plus de 10 ans. Nous ne devons pas laisser ni Blanquer ni Macron nous faire oublier la responsabilité que porte leur gouvernement dans la gestion de la crise sanitaire, pour laquelle ils ont sciemment choisi de nous sacrifier, une fois de plus, au bénéfice du profit.



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