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Monde

Marée noire

Désastre environnemental. La négligence capitaliste provoque une marée noire de 34km2 en Californie

Depuis vendredi dernier une marée noire d'une ampleur inédite affecte les côtes californiennes. La fuite d'un oléoduc de l'entreprise BettaOffshore a provoqué l'écoulement de 480 000 litres de pétroles sur 34km carrés. Une nouvelle catastrophe, conséquence directe de la négligence d'entretien du pipeline pétrolier. Encore une fois les entreprises capitalises détruisent l'environnement et mettent en danger notre vie.

vendredi 8 octobre

Vendredi dernier, la Californie a été gravement touchée par la fuite d’un oléoduc appartenant à l’entreprise BettaOffshore, à 8km de la côte californienne. Celle-ci a provoqué l’écoulement de 480 000 litres de pétrole brut qui se sont déversés dans l’océan, formant une nappe de 34 kilomètres carrés d’hydrocarbures au large d’Orange County, au sud de Los Angeles. Alors que les gardes côtes peinent à contenir l’extension du phénomène, le manque de réactivité des entreprises et des autorités locales a donné le temps à la nappe de prendre de l’importance, causant ainsi des dégâts irréversibles pour la faune et la flore. La nappe s’étendrait d’Huntington Beach à Newport Beach.

Une nouvelle catastrophe dévastatrice pour la biodiversité

Alors que l’Australie a déjà vécu des incendies d’une gravité sans précédent dans lesquels plus d’un milliard d’animaux sont morts entre décembre 2019 et janvier 2020, nous payons à nouveau les conséquences de l’exploitation capitaliste des ressources. Le pétrole qui s’est écoulé dans les eaux californiennes est « brut post-production » et donc particulièrement toxique : Huntington Beach, la zone la plus touchée, a demandé aux habitant.e.s de se tenir à l’écart des zones concernées et aux personnes ayant inhalé de trop près le produit, d’aller consulter un médecin.

Mais ce sont les animaux et la flore qui sont les plus touchés. On a déjà de nombreuses images d’oiseaux marins et de poissons empêtrés dans le pétrole. Il n’est pas possible pour le moment de comptabiliser les morts de cette zone qui compte la présence de nombreux dauphins. Comme le rapporte Surfrepport, selon Kim Carr, maire d’Huntington Beach, le pétrole risque de toucher les « zones humides » et les réserves naturelles comme le marais de Talbert. ». Ces zones nécessaires à la reproduction de la biodiversité et qui sont un habitat pour les oiseaux migrateurs, protègent aussi de la pollution et des risques d’inondation. Pour l’instant, les gardes-côtes n’ont pu contenir que 3% du pétrole.

Une pratique d’extraction offshore mortelle et aux installations vétustes

La plateforme pétrolière d’où provient la fuite serait exploitée par Beta Offshore, une filiale californienne du groupe Emplify Energy Corporation basé à Houston. Une des pistes expliquant cette fuite est qu’une ancre de navire aurait traîné au fond de l’océan et aurait heurté ce pipeline. Mais ce dont nous sommes déjà sûr.e.s, c’est que ce pipeline était déficient et que BettaOffshore n’a rien fait. L’oléoduc soupçonné d’être à l’origine de la marée noire est âgé de plus de 40 ans et selon le Government Accountability Office, les autorités de régulation n’ont pas pris de mesures suffisantes pour minimiser les risques liés à l’obsolescence de ces infrastructures. Pourtant, cela fait des années que les miltant.e.s écologistes de la région alertent du danger de ces installations vieillissantes. De plus, la compagnie pétrolière n’avait pas remarqué la baisse de pression dans le pipeline et le problème n’a pas pu être traité à temps. Suite à la catastrophe de Santa Barbara en 1969, l’Etat californien a imposé une législation cosmétique en ne concédant plus d’autorisation offshore. Mais en réalité, cette juridiction s’arrête à 5 km des côtés et c’est ensuite l’État fédéral qui prend le relais.

Encore une fois, nous devons traverser une catastrophe d’une ampleur sans précédent qui a sacrifié des centaines d’êtres vivants. Face à l’urgence écologique, il s’agit de dénoncer les entreprises d’énergie fossile et les Etats complices qui ne cherchent qu’à faire du profit au dépend de notre santé et de la biodiversité. Seul un changement radical du mode de production pourra endiguer des prochaines catastrophes de ce genre.




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