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Libéralisation du transport ferroviaire

Destruction des petites lignes, ce que l’Etat et la SNCF vous réservent

Depuis la réforme, la SNCF et l'Etat débordent d'imagination pour ne plus entendre parler des petites lignes et « faire des économies ».

jeudi 28 mars

Photo : © France 3 Franche-Comté : Eric Debief

Depuis le début de l’année 2018 et la réforme ferroviaire, le débat des petites lignes est sans cesse remis sur le tapis.

Le rapport Spinetta qui préconisait de laisser sur le carreau 9137km de petites lignes pour appliquer concrètement la réforme fait aujourd’hui des dégâts dans toute la France. Entre lignes fermées et rafistolage, voici les solutions envisagées pour encore une fois faire des économies.

Les trains navettes

La proposition des « trains navettes » revient assez souvent, notamment en Normandie, et permet de faire « énormément d’économies ». En effet l’objectif étant de garder uniquement une voie sur les deux et donc d’effectuer des économies sur les rénovations. Mais également en ôtant toutes les signalisations sur une ligne histoire de faire baisser les coûts de maintenance ainsi que de se passer de conducteurs à former. Les gains sont également faits sur les trains et la maintenance puisque moins de rames sont nécessaires pour cet aménagement. Bien sûr cette solution n’est pas à la hauteur du train classique car forcément, elle n’est envisageable que sur des petites portions de lignes.

Transformer les voies en routes

Le bus possède des avantages économiques non négligeables pour toutes les sociétés de transport. Moins cher à la maintenance et la possibilité de proposer des prix défiant toute concurrence. Le revers de la médaille c’est l’effet néfaste sur l’environnement, le confort et le temps de trajet. Mais au lieu de rénover les voies ferroviaires, l’idée est de les retirer et de créer une route exclusive pour les bus, dans le but de faire toujours plus d’économies. En accordant sa propre voie au bus, l’objectif est de raccourcir le temps de trajet. Il s’agit d’une libéralisation totale du ferroviaire, ce qui pourrait s’avérer être néfaste vu le camouflet des cars Macron...

Il serait même possible que à l’avenir ces routes servent également des intérêts privés. Là encore cette solution est envisageable seulement sur les très petites lignes rurales et peu fréquentées, le bus offrant une faible capacité de voyageurs.

Dégrader le service public

Il suffit de se pencher sur le changement profond du ferroviaire suite a la réforme, le basculement du service public aux intérêts privés faisant mime de toujours servir l’intérêt général. Nous en arrivons donc à ce qu’il se passe aujourd’hui avec des fermetures massives de guichets et gares. La gare du futur c’est une gare fantôme en province avec un automate et un centre commercial pour les grandes gares urbaines... Dans tous les cas la pilule sera difficile à avaler pour les usagers et les solutions alternatives peinent à séduire, comme par exemple le visio-guichet ou le camion guichet mobile, qui ne seront jamais en mesure de remplacer une présence physique en gare. Les déclarations méprisantes de Pepy, sur le fait qu’il est simple de faire le 3635 pour commander un billet ne changeront rien, nous ne sommes pas tous adeptes du numérique. Dans tous les cas les conséquences de la réforme se font de plus en plus ressentir et les usagers vont devoir batailler pour conserver le service public, une lutte aux côtés des cheminots, eux-mêmes très impactés par la destruction leur métier.




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