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Du Pain et des Roses

Deux députés LREM, ayant signé la tribune en soutien à Darmanin, accusés d’agression sexuelle

En juillet dernier, 167 députés LREM signaient une tribune de soutien à Gérald Darmanin, accusé de viol. Capital révèle cette semaine que deux des signataires sont accusés d'"agression sexuelle" et de "harcèlement sexuel".

lundi 28 septembre

Crédit photo : Martin Bureau. AFP

En juillet dernier, les députés LREM n’avaient pas apprécié les attaques qu’avait subi Gérald Darmanin suite à sa nomination. Et pour cause de nombreuses femmes et militantes féministes avaient eu l’audace de rappeler la sombre affaire qui plane sur le sarkozyste, deux fois accusé de viol. Comme chargé de mission au service des affaires juridiques de l’UMP puis comme maire de Tourcoing, Gérald Darmanin aurait profité de ses pouvoirs pour contraindre des femmes à avoir des rapports sexuels avec lui, et l’enquête faisant suite à des faits remontant à 2009 a été réouverte en juin dernier.

Se drapant dans le respect de la "présomption d’innocence", 167 députés LREM signaient une tribune intitulée « La justice ne sera plus rendue si accusation vaut condamnation ». Dans ce texte, les députés rappelaient que la lutte contre les "violences sexuelles et sexistes" demeurait "une grande cause nationale du quinquennat" avant de fustiger la "vindicte populaire" qui "n’est pas la justice". Des arguments spécieux alors que, bien que le jugement n’ait en effet pas été rendu, les nombreux éléments visant Gérald Darmanin inviterait, a minima, plutôt à la prudence qu’à la promotion d’un tel accusé. Comme le notait alors Mediapart : "Au vu du dossier judiciaire, auquel Mediapart avait eu accès, l’attitude du ministre du budget accréditait l’hypothèse d’une relation sexuelle obtenue en échange d’une intervention judiciaire (lire notre article)."

Cette semaine c’est Capital qui a cette fois révélé une information pour le moins mal venue pour le gouvernement et sa majorité, qui aiment tant afficher leurs convictions "féministes". Deux des députés LREM signataires de la tribune sont en effet sous le coup d’accusations d’"agression sexuelle" et de "harcèlement sexuel". "Le député de Moselle Christophe Arend est visé par une plainte pour des faits supposés de “harcèlement sexuel” et “agression sexuelle”, dont l’accuse une ex-assistante parlementaire" note ainsi Capital tandis que Pierre Cabaré, élu de Haute-Garonne, "est dans le collimateur de la justice pour des faits présumés d’agression sexuelle (main aux fesses), harcèlement sexuel et harcèlement moral dont l’accuse sa suppléante et ex-collaboratrice parlementaire, Lucie Schmitz."

Interpellées par le journal, les députés LREM à l’initiative de la tribune en juillet dernier, Anne-Laurence Petel et Alexandra Louis, ne semblent pas voir de problème. Et de resservir l’argument qui avait si bien fonctionné pour couvrir Gérald Darmanin : "En tant qu’élu(e)s, c’est notre devoir impérieux de défendre la présomption d’innocence, une valeur essentielle de notre société qui est menacée. Quel que soit le sujet, la justice ne sera plus rendue si accusation vaut condamnation".

Utiliser la question des violences sexuelles pour attaquer les étrangers et alimenter la xénophobie, comme le fait Marlène Schiappa - devenue la partenaire de choc de Darmanin au service de la politique sécuritaire du gouvernement - , tout en couvrant des élus accusés de violences sexuelles et en offrant une promotion à un homme accusé de viol : pour le "féminisme" aussi Emmanuel Macron a son "en même temps".