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Politique

Premiers de cordée à tout prix ?

Deux fois moins d’emplois créés en 2018. Scoop : la théorie du ruissellement ne marche pas

Malgré l'échec du CICE, le gouvernement récidive.

mardi 12 mars

Crédit : Loic Venance. AFP

Les annonces et mesures visant à faire baisser le “coût” du travail pour gagner en compétitivité, sont la rengaine de tous les gouvernements successifs. Ce, quand les théories de la relance par l’offre ou du ruissellement s’effritent à mesure que les rapports tombent sur le sujet, coupant court sans cesse à ces vieilles lunes. 

Sans surprise, la dernière étude de l’INSEE relève une baisse nette de l’emploi salarié concernant l’année passée. Si 2018 compte 160.300 créations nettes, 328.000 postes avaient été créés en 2017, soit un chiffre divisé par deux. Ces mauvais résultats ne produisent néanmoins aucun impact sur la ligne économique choisie par le gouvernement. Une politique de l’offre qui depuis l’année 2019 prend une nouvelle dimension avec le basculement du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) en baisse de cotisations sociales pour les entreprises. 

Pour rappel, le CICE, “pilier” du “pacte de responsabilité” de François Hollande, avait coûté aux finances publiques 20 milliards d’euros par an, pour un total de 100 000 emplois sauvegardés, soit une somme ahurissante de 200 000 euros par emploi créé ou conservé. Soucieux de persister dans cette logique, la transformation du CICE en baisse des cotisations sociales est d’une facture considérable de 40 milliards d’euros : “la transformation du crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE) en baisses de cotisations sociales pérennes, promise par Emmanuel Macron, va se traduire en 2019 par une facture considérable pour les finances publiques” alertait déjà Valentin Bontemps, pour l’AFP en novembre. 

Il paraît toutefois difficilement concevable de se soustraire indéfiniment à la réalité quand celle-ci désavoue à échéance régulière, à coup de rapports successifs, une politique de l’offre inefficace. En attendant, les mêmes scènes se répètent. Les mêmes injonctions à toujours plus de compétitivité, sur le dos des travailleurs, comme cette déclaration de Bruno Le Maire : “nous ne sommes pas encore suffisamment compétitifs, notamment par rapport à nos voisins allemands". Et les mêmes experts ou journalistes pour constater les mauvais chiffres mais sans rien n’avoir à redire de la philosophie générale, à l’exemple des propos de Marc Vignaud, journaliste économique pour Le Point en décembre : “Si les créations d’emplois liées à la mesure phare de Hollande sont limitées, des économistes confirment l’intérêt de sa transformation, prévue par Macron.” 




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