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Deux ouvriers sans-papiers morts sur un chantier à Epinay-Sur-Seine

Le samedi 8 juin, à la suite du détachement de leur nacelle, un ouvrier marocain et un algérien, tout deux sans-papiers, sont morts dans une chute de plusieurs dizaines de mètres sur un chantier de rénovation à Epinay-Sur-Seine (Seine-Saint-Denis).

vendredi 14 juin

Crédits photo : Philippe Huguen

Alors qu’ils travaillaient sur l’isolation thermique depuis l’extérieur du bâtiment HLM, situé dans le quartier La Source, à Epinay-Sur-Seine, les deux ouvriers sont tombés du 18ème et dernier étage, et sont morts sur place suite au détachement de leur nacelle. Une enquête a été ouverte à la suite, ce qui a permis de connaître les origines des deux travailleurs qui étaient sans-papiers et qui vivaient en France en situation d’irrégularité. Les autorités ont pris contact avec les consulats du Maroc et de l’Algérie afin de communiquer les faits aux familles. Les causes du détachement de la nacelle sont toujours inconnues et l’employeur des ouvriers doit encore être trouvé par l’enquête en cours.

Le bailleur avait accordé une autorisation de travail samedi dernier alors que plusieurs voisins du quartier avaient exprimé leurs craintes par rapport à la sécurité des installations, l’enquête se fait donc pour cause d’homicide involontaire et le chantier est actuellement arrêté à la demande de l’inspection du travail. Une mère de famille qui réside dans un bâtiment à côté, avait déclaré dans Le Parisien : “J’avais dit à un responsable de chantier que c’était dangereux, et il m’avait répondu, ’les ouvriers portent des casques, ne vous inquiétez pas”". De plus, samedi dernier la météo représentait aussi un facteur de risque, une tempête de vent et des bourrasques n’ont pas empêché au bailleur l’accord de l’autorisation de travail alors que la vie des ouvriers était en péril.

L’exploitation et la précarité tuent quotidiennement, samedi dernier un jeune sans-papiers travaillant pour l’entreprise de livraison Glovo est mort à Barcelone pendant qu’il travaillait, le même jour ces deux ouvriers sans-papiers meurent en plein chantier, tous les jours des travailleurs souffrent dans leur lieu de travail et beaucoup risquent de perdre leur vie. Les entreprises prennent de moins en moins au sérieux la protection des travailleurs face aux risques et cela s’aggrave avec la sous-traitance qui déresponsabilise de plus en plus les patrons et précarise encore plus les travailleurs.

Les travailleurs jeunes, les femmes et les immigrés, notamment les sans-papiers, sont doublement opprimés, la précarité les touche en première instance, ce qui les amène à travailler pour des salaires très bas dans des conditions dangereuses et sans aucune protection. Le nombre de personnes en France en situation d’irrégularité augmente tous les jours, les obstacles bureaucratiques se font de plus en plus insurmontables et l’accès à un travail de qualité est presque impossible ; derrière cela, les entreprises en profitent pour faire travailler ces personnes dans les emplois les plus précaires et mal payés du marché, en passant à côté du respect des droits des travailleurs et en aboutissant ainsi à provoquer des accidents mortels.




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