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Notre classe

« Pour l'honneur des raffineurs »

Devant la tour Total, les raffineurs et leurs soutiens donnent le départ de la bataille pour Grandpuits

Ce 6 octobre se tenait, au siège de Total, un premier CSE concernant les suppressions d'emplois à la raffineries de Grandpuits. Plusieurs dizaines de salariés, accompagnés de nombreux soutiens, ont fait entendre leur voix, « pour l'honneur des raffineurs ».

mardi 6 octobre

Crédits photo : Révolution Permanente

Ce 6 octobre, la direction de Total tenait le premier CSE central à la tour du groupe, à la Défense à Paris. Une première salve de « négociations », afin de lancer un vaste plan de suppressions d’emplois, sous couvert de greenwashing.

C’est pourquoi les travailleurs de la raffinerie de Grandpuits avaient appelé à un rassemblement devant les locaux de Total, ce qui constitue une première riposte collective face à l’attaque brutale de la direction du géant de la pétrochimie. Au chant du désormais célèbre, et « remixé » pour l’occasion, « pour l’honneur des raffineurs, et pour un monde meilleur », ce sont donc plusieurs dizaines de travailleurs de Grandpuits qui se sont rassemblés devant la tour de Total ce 6 octobre.

De nombreux soutiens ont également répondu présent à l’appel. Ainsi, des représentants de plusieurs raffineries, dont celle de Donges, ont manifestés au côté de leurs collègues de Grandpuits. C’est le cas aussi de travailleurs de la centrale nucléaire de Nogent, de Hutchinson, menacés de 1000 licenciements, de la RATP et de la SNCF, de la CGT Nehauser, de la CGT FNIC ou bien encore des grévistes de Biocoop. Les associations écologistes Les Amis de la Terre, Alternatiba, des jeunes écolos et de Youth For Climate Paris étaient également présents, tout comme le NPA Jeunes. Une solidarité large et effective ô combien précieuse face à l’offensive d’un géant comme Total.

« Je suis très fier aujourd’hui car on est plus de 150 ouvriers sur la parvis de la défense », explique ainsi Adrien, de la CGT Grandpuits. Remerciant les nombreux soutiens présents, Adrien précise qu’il s’agit là « d’un bon départ pour la lutte. Après ça va être à nous de construire le rapport de force qui ne fait que commencer. La suite, c’est de décrire, informer les salariés sur ce qu’il va se passer. Leurs futures conditions de travail, leurs emplois qui sont menacés, les mutations qui vont être forcées . Et derrière, face à la nécessité, les raffineurs vont se battre ».

Marin, syndiqué chez FO à la raffinerie de Donges également menacé par des suppressions de postes, explique quand à lui que « le minimum, c’est d’être avec les copains de Grandpuits. Je ne peux pas voir des milliards donnés à des actionnaires et puis derrière faire crever des ouvriers, la vie économique, les bassins d’emplois qui sont autour ». Insistant sur la nécessité de se mobiliser, pour Marin il faut « se faire entendre pour que d’une manière ou d’une autre, les lignes bougent […] On est prêts à travailler dur, mais pas à n’importe quel prix, pas au prix du sang ».

Une solidarité interprofessionnelle également, avec la conscience que pour gagner face aux plans de licenciements et suppressions d’emploi, il faudra coordonner les secteurs qui se battent. A l’instar des salariés de Hutchinson, une filiale de Total, menacée par 1000 suppressions d’emplois directs, qui vont impacter "les sous-traitants, les fournisseurs la population, les commerces, la vie sociale et économique de nos régions", comme l’a rappelé le délégué CGT présent avec ses collègues en soutien aux salariés de Grandpuits.

D’autre part, de nombreux jeunes étaient présents ce matin au rassemblement. « C’était fondamental pour nous de venir en délégation vous voir. Parce qu’en tant que travailleurs de Biocoop en grève, entreprise de distribution soit disant la plus écoresponsable de France. On ne pouvait être que solidaire de votre action ce matin » explique quand à lui Konstantin. « Cette méthode de greenwashing, de revendiquer l’urgence climatique tout en sacrifiant toujours plus de travailleurs, on le vit aussi au quotidien à Biocoop […] Ce qui est commun à nos mobilisations, c’est qu’on se rend bien compte que pour une véritable politique environnementale et sociale, on ne pourra pas compter sur les actions de ces entreprises » poursuit-il.

Un sentiment partagé par Léo, militant au NPA-Jeunes. Pour lui, « c’était une évidence » de soutenir les travailleurs de Grandpuits lors de ce rassemblement. « Le combat à Grandpuits, c’est le combat de l’ensemble de la classe ouvrière, c’est le combat des jeunes » explique t-il, avant de poursuivre. « Le discours de Total, qui ose justifier la casse sociale avec des arguments écologiques tout en continuant à piller , à pourrir l’Afrique » est l’une des raisons pour laquelle le NPA Jeunes « a appelé toutes les organisations jeunes et écologistes, à venir aujourd’hui à vos côtés ».

Enfin, Anasse Kazib, cheminot et militant Sud Rail à Paris Nord, a tenu à apporter le soutien des travailleurs du rail et de la RATP aux travailleurs de Grandpuits. « La priorité, c’est de mettre les transports gratuits, c’est de développer le fret, c’est d’essayer de faire en sorte que les trains de marchandises passent par le rail et non pas par la route. C’est ça la vraie écologie. C’est pas d’aller faire chier des raffineurs, d’essayer de supprimer leurs emplois et de l’autre côté d’avoir des pipelines qui sont en train d’être développés dans des pays africains »explique ainsi Anasse. Pour lui, « ce n’est pas juste l’histoire de la raffinerie de Grandpuits. C’est l’Histoire de la lutte des classes qui se joue. Je pense que ça, vous le voyez, et tous les camarades raffineurs, tout les camarades des transports publics, de l’aéronautique, de la métallurgie vont devoir dans la prochaine période se battre pour une lutte à mort. Celle du pouvoir par en bas, celle du pouvoir de la classe ouvrière qui va devoir régner, en France comme à l’extérieur. Parce qu’on est les seuls à pouvoir contrôler la production, à pouvoir faire de la vraie production écologique, à pouvoir faire en sorte que dans la santé, il y ait des lits suffisant, qu’il y ait des respirateurs artificiels suffisants, des masques, des gels hydroalcoolique » avant de conclure : « Force à vous, courage à vous, ne lâchez rien. J’espère que les raffineurs, comme en 2010, paralyseront tout le pays. Et si les raffineurs, demain, déclenchent la guerre, sachez que les cheminots seront derrière vous ».

La suite, ce sera ce mercredi à Grandpuits pour une coordination des raffineurs venus de toute la France




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