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Stop à la transphobie !

Dimanche 10 octobre, manifestons contre les violences transphobes et transmisogynes

Ce dimanche 10 octobre, l'association Acceptess-t appelle à une manifestation pour lutter contre la transphobie institutionnelle et quotidienne qui a causé la mort de Sasha, jeune femme trans de 22 qui s'est suicidée, épuisée par les violences transphobes et le meurtre de Ivanna, femme trans péruvienne sans papier et travailleuse du sexe retrouvée assassinée dans son appartement après plusieurs jours sans donner de nouvelles.

jeudi 7 octobre

Comme de nombreux LGTBI+, Ivanna a été contrainte de migrer de son pays de naissance pour fuir la transphobie. Cela, pour retrouver un climat transphobe en France, facteur de précarité économique et d’isolement. C’est en France qu’elle a été assassinée dans l’indifférence d’un gouvernement qui institutionnalise la transphobie, la transmisogynie, le racisme et la putophobie. Ce sont ces institutions transphobes qui sont coupables de la mort de Sasha qui s’est suicidée malgré un entourage bienveillant, une bonne santé et des études qui la passionnaient. Elle a été usée par la transphobie quotidienne, les maltraitances médicales et la haine publique et médiatique dont souffrent toutes les personnes trans dans une société transphobe.

Dans cette vidéo enregistrée par les militant.e.s de Acceptess-T, Libertad, la mère de Ivanna, qui a pu venir en France avec l’aide de l’association et du FAST (fond d’action sociale trans), appelle à marcher ce dimanche en hommage à sa fille mais aussi pour revendiquer le droit au respect pour les enfants trans.

Des drames qui surviennent la même semaine où les agresseurs de Mimi Aum Neko, militante trans et réfugiée thailandaise, comparaissent devant la justice pour l’avoir grièvement agressée à la sortie d’un bar en 2020. La communauté LGBTI+ doit constamment faire face à la perte tragique et précoce de ses membres. Nous n’oublions pas la mort de Fouad, de Jessyca Sarmiento, de Vanessa Campos et de Doona qui sont la conséquence directe de la politique de casse sociale et de réduction des budgets dans les services publics ainsi que des lois de répression des précaires obligés de se prostituer pour survivre.

Le chômage et la précarité sont le terreau des violences faite à l’encontre de la communauté LGBTI+, qui malgré l’acquisition de certains droits ces dernières années, comme l’accès à la PMA ou le droit au mariage pour les personnes de même sexe, voit grandir un climat de plus en plus hostile. L’État ne garantit ni l’accès à la transition médicale, ni aux papiers, ni au logement pour toutes et tous. Au contraire les femmes trans migrantes et travailleuses du sexe sont exposées au harcèlement de la police cherchant à atteindre des objectifs de reconduites à la frontière et répondant à la loi de pénalisation des clients.

La crise sanitaire a aggravé la situation de précarité économique dans laquelle les LGBTI+ qui se retrouvent en première ligne. Récemment, le projet de loi relatif à l’extension du passe sanitaire et sa généralisation à l’ensemble des lieux publics a été une nouvelle offensive contre les personnes trans car il leur impose des outings forcés et répétés dans un contexte où la possibilité de changer d’identité sur ses papiers administratifs s’apparente à une guerre acharnée.

Selon le projet de recherche et statistique Trans Murder Monitoring ce n’est pas moins de 3664 personnes trans qui sont décédées depuis 2008 soit en moyenne 305 personnes trans par an ! On ne peut plus continuer à voir la liste des agressions, viols et meurtres augmenter chaque année !

Face à cette situation dramatique, il est urgent et plus que nécessaire de porter un projet révolutionnaire, qui permette de lutter, de rompre et de renverser le système capitaliste qui n’offre que précarité, mépris et violence !

A l’image des femmes trans qui se sont retrouvées en première ligne contre la répression policière et militaire en Colombie en mai, nous pensons que la riposte se fera dans la rue et sans aucun compromis avec un Etat qui assassine nos camarades !

La marche commencera à 14h au Bois de Boulogne, le lieu de travail de Ivanna et finira à la porte d’Auteil. Et à 17h, des événements artistiques et des ventes de plats seront organisés ainsi qu’une récolte de fond pour soutenir la famille de Ivanna ainsi que le FAST.

Avec Du Pain et des Roses, nous participerons à cette marche et nous apporterons tout notre soutien à l’entourage de Sasha et d’Ivanna ainsi qu’à nos camarades LGBTI+ et travailleurs qui se battent pour avoir des vies dignes.




Mots-clés

patriarcat   /    Transphobie   /    Manifestation   /    discrimination   /    sexisme   /    Du Pain et des Roses