^

Politique

Macron, les travailleurs ne te réservent pas que des chamailleries

Discours de Macron le 1er mai : Chamailleurs de tous les pays, unissez vous !

Emmanuel Macron a salué « l'esprit du 1er mai » et la « solidarité entre les travailleurs » dans une vidéo Twitter. Une piètre tentative pour faire oublier les attaques systématiques contre les droits des travailleurs, les violences policières et la casse de l'hôpital public qui a mené à la catastrophe.

vendredi 1er mai

« Retrouver les premiers mai joyeux, chamailleurs parfois ». Dans sa courte vidéo postée sur Twitter, Emmanuel Macron parle-t-il du 1er mai 2018 lorsqu’Alexandre Benalla alors en poste au cabinet présidentiel, violentait un manifestant place de la Contrescarpe à Paris ? Ou bien du 1er mai 2019, lorsque son ministre de l’Intérieur Christophe Castaner était pris en flagrant délit de mensonge, après avoir accusé les manifestants, gilets jaunes et syndicalistes qui s’étaient réfugiés dans le parking de La Pitié Salpêtrière pour échapper aux violences policières, d’avoir « attaqué un hôpital » et « agressé un personnel soignant » ?

Cette année là, en plein mouvement des Gilets Jaunes, « les traditionnels défilés » que Macron fait aujourd’hui mine de regretter, se faisaient violemment réprimer par la police et les CRS chargeaient le cortège de la CGT compris. Face au tollé provoqué par la répression policière, le président de la République avait déclaré en mars : « ne parlez pas de “répression” ou de “violences policières”, ces mots sont inacceptables dans un État de droit », un crachat aux visage de toutes les victimes de violences policières, mortes, blessés ou mutilées à coups de matraque, lacrymo ou LBD.

Mais le plus insultant c’est bien d’entendre Macron parler du « dévouement de nos soignants ». Car ce que la crise sanitaire fait apparaître on ne peut plus clairement, avec les 23.757 morts qui vont avec, les personnels hospitaliers exténués, les travailleurs et travailleuses en première ligne exposés au virus sans protections dans les supermarchés ou les transports en commun, c’est que ce qui a cassé l’hôpital public, ce ne sont pas les manifestants qui revendiquaient plus de moyens comme le prétendait Castaner, mais bien la politique néo-libérale de ce gouvernement.

Alors si aujourd’hui Macron dit avoir « une pensée pour les travailleuses et les travailleurs de notre pays », cela ne doit pas nous faire oublier que ce sont ces même travailleurs payés à peine plus qu’un SMIC, victime du racisme et des discriminations au quotidien qu’il envoie aujourd’hui en première ligne dans les hôpitaux, supermarchés ou les transports en commun sans protections sanitaires. Les mêmes qu’il veut aussi renvoyer au travail dès le 11 mai sans tests de dépistage, pour relancer la pompe à profit du grand patronat, et à qui il impose un confinement autoritaire à coups d’amende de 135€ et de présence policière renforcée dans les quartiers populaires, tout en profitant de la situation pour s’en prendre au droit du travail, 35h et RTT avec les les ordonnances d’urgence sanitaire.

Face à Macron, à son gouvernement, et à la crise qu’ils veulent nous faire payer, il n’y a donc qu’une issue, c’est la lutte des classes. Et comme le dit l’hymne Internationale des Travailleurs : « du passé faisons table rase, (...) le monde doit changer de base, nous ne sommes rien soyons tout ! »




Mots-clés

Covid-19   /    Crise sanitaire   /    Crise économique   /    Répression policière   /    Coronavirus   /    Crise sociale   /    Macronisme   /    Crise de la représentation    /    Journée internationale des travailleurs   /    Emmanuel Macron   /    Répression   /    Politique