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Monde

Bio-diversité menacée

Donald Trump s’attaque aux lois de protection des espèces menacées aux États-Unis

Lundi, Washington a, de fait, annoncé un affaiblissement de l’Endangered Species Act, la législation protégeant les espèces menacées aux États-Unis depuis plus de quarante ans.

jeudi 15 août

Dans un contexte où les mobilisations se multiplient face à l’urgence environnementale à travers le monde, et alors que les Nations unies ont tiré la sonnette d’alarme en mai en ce qui concerne la disparition accélérée de près d’un million d’espèces sur la planète, Donald Trump, climato-sceptique notoire, menace directement la biodiversité américaine.

Adoptée sous Nixon, l’Endangered Species Act était une avancée en matière de protection des espèces menacées. La législation avait permis la sauvegarde de nombreuses espèces, parfois au bord de l’extinction, comme le grizzly ou encore le pygargue à tête blanche, ou « l’aigle chauve », symbole des États-Unis.

Or depuis lundi, la mise en application de cette loi a été considérablement assouplie par le président des États-Unis. Les espèces dites « vulnérables » sont rétrogradées, et ne bénéficieront plus d’une protection équivalente à celle des espèces « menacées d’extinction ». Le retrait de la liste des espèces « menacées d’extinction » est également facilité.

Pire, pour la première fois, les instances de réglementation pourront effectuer des évaluations économiques (par exemple, estimer les pertes de revenus découlant d’une interdiction d’exploitation forestière dans un habitat naturel) pour décider si une espèce mérite ou non une protection. En clair, des considérations économiques peuvent à présent aller à l’encontre de la protection d’espèces menacées.

Un véritable cadeau fait aux industriels américains, car ces modifications ouvrent la voie à de nouveaux forages miniers, pétroliers et gaziers dans les zones où vivent des espèces protégées, alors que la détérioration des habitats naturels est l’un des principaux facteurs d’extinction des espèces.

Donald Trump poursuit donc sa politique de mise en danger de l’environnement au profit des grands industriels du pays. En mars 2017, il demande l’évaluation de la possibilité d’exploitation des ressources minières et gazières sur les terres fédérales, y compris dans les parcs nationaux, dont il ordonne la réduction un mois plus tard. En juin 2017, il annonce la sortie des États-Unis de l’ Accords de Paris sur le climat. En mai 2018, il place David Bernhardt, ancien lobbyiste de l’industrie pétrolière, à la tête du département de l’Intérieur ; David Bernhardt qualifie d’ailleurs les modifications apportées à l’Endangered Species Act de « modernisation ».

Le système capitaliste porte en son sein de nombreuses contradictions et, parmi les plus criantes, son incapacité à s’adapter au caractère renouvelable des ressources naturelles et de la biodiversité. Trump a adopté un parti pris radical, résolument du côté des profits aux dépens de notre planète. La seule solution aujourd’hui pour empêcher la destruction systématique des écosystèmes, c’est une planification de l’économie par les travailleurs et travailleuses, détachée de la question des profits, rattachée à celle de nos véritables besoins.

Crédits photo : iStock




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