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Droit de manifester : la Préfecture de Paris refuse le parcours déposé par l’intersyndicale

République – Concorde : le parcours de la manifestation interprofessionnelle du 5 octobre souhaité par les directions syndicales a été refusé en fin de semaine dernière par la préfecture de Paris. La préfecture entend en effet éloigner les manifestants des lieux de pouvoir. La manifestation se tiendra finalement entre République et Chaussée d’Antin Lafayette.

lundi 4 octobre

L’intersyndicale CGT, FO, FSU, Solidaires avec les organisations de jeunesse Fidel, Unef et UNL, prévoient depuis des mois la mobilisation interprofessionnelle du 5 octobre. C’est cette date qui fait office de rentrée sociale nationale et cela après de nombreuses mobilisations sectorielles au mois de septembre.

Or, à quelques jours de l’échéance, la préfecture de Paris a refusé en fin de semaine dernière le parcours de manifestation prévu de République à Concorde. Dans un communiqué le vendredi 1er octobre, l’intersyndicale CGT, FO, FSU, Solidaires, UNEF raconte ainsi ses problèmes avec la Préfecture et le refus de cette dernière d’accorder le parcours demandé. « Il s’agit bien là de choix politiques avec la volonté d’éloigner les cortèges syndicaux des lieux de pouvoir » pointent les directions syndicales avant de pointer la « multiplication » des « entraves à la liberté de manifester. »

Si la manifestation se tiendra finalement, entre République et Chaussée d’Antin-La Fayette ce refus initial de la Préfecture est symptomatique des attaques contre le droit de manifester qui se multiplient, entre imposition des parcours, annulation des manifestations mais aussi répression policière violente pendant les manifestations, avec des interventions menées pour « déstabiliser et intimider (les) cortèges » comme le pointent les syndicats.

Ces attaques scandaleuses doivent être ouvertement dénoncées. Elles révèlent par ailleurs une crainte des tensions sociales dans une situation marquée par la colère. En effet, si la date du 5 octobre reste une journée de mobilisation interprofessionnelle isolée, de nombreux secteurs du travail accumulent de la rage contre le gouvernement qui s’exprime dans deux types de mouvements.

D’un côté des grèves défensives contre la casse des conditions de travail, avec l’exemple des grévistes du nettoyage de Jussieu, mais aussi des raffineurs de Total en Normandie ou encore à Transdev avec une grève historique. Des mouvements qui s’ajoutent aux mobilisations agents territoriaux contre l’application de la réforme de la fonction publique.

De l’autre coté des grèves offensives, notamment sur la question des salaires en période de NAO (négociation annuelle obligatoire), comme aux Ateliers de la Haute Garonne qui se mobilisaient pour la première fois en 40 ans en juin dernier, mais aussi à la boulangerie industrielle Nehausser ou encore chez le sous-traitant Derichebourgs Aéronautique en grève récemment contre des promesses de hausses de salaires indignes.

Actuellement en campagne, il est probable que Macron veuille éviter au maximum les images de la colère des 1ères et 2èmes lignes de la crise sanitaire. A l’inverse, c’est cette colère qui devra être au centre des manifestations de demain.




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