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Droits de retrait : le MEDEF s’inquiète du « changement d’attitude extrêmement brutal des salariés »

Alors que les droits de retrait se multiplient pour imposer l’arrêt de la production dans des activités non-essentielles, le patronat s’inquiète des réactions des salariés. En effet, ceux-ci semblent bien décider à ne pas continuer à produire pour alimenter les profits de leur patron en période d'épidémie et dans des secteurs clairement "non-essentiels".

mercredi 18 mars

Crédit photo : Usine Nouvelle

Interrogé par l’AFP aujourd’hui, le président délégué du MEDEF, Patrick Martin, ne cache pas son inquiétude. Suite aux annonces du gouvernement concernant le confinement et l’arrêt des activités non-essentielles « il y a eu dans tous les secteurs d’activité, y compris dans ceux très nombreux dont l’exploitation n’est pas interdite par les mesures sanitaires, un changement d’attitude extrêmement brutal des salariés. » note le dirigeant de l’organisation patronale.

En effet, depuis les annonces, nombre de salariés commencent à se rebeller contre les directions qui tentent de leur imposer de continuer de produire des biens non-essentiels dans des conditions sanitaires qui ne les protègent pas de l’épidémie. Chez Bombardier, Capgemini, Valeo, General Electric, PSA, Renault, Renault Trucks aux Chantiers de l’Atlantique, ces derniers jours ont ainsi été marqués par des droits de retrait massifs qui ont permis de contraindre l’arrêt de la production.

De quoi faire frémir les patrons, laissés tranquille par les mesures très peu restrictives d’un gouvernement qui entend sécuriser les profits avant les salariés. « Cela met à l’arrêt la plupart des secteurs d’activité, dont ceux dont l’activité n’a pas été suspendue par les récentes mesures » s’effraie ainsi Patrick Martin, selon qui « il y a une forme de sur-interprétation des propos du président de la République » au point que les entreprises « ne sont plus en mesure de poursuivre leur activité sous la pression des salariés ».

Le coronavirus semble ainsi avoir réveillé des franges de salariées dans des secteurs qui s’étaient plutôt tenus à l’écart des derniers mouvements sociaux, notamment dans l’industrie ou dans des entreprises industrielles moyennes comme aux Ateliers de la Haute-Garonne dans la région de Toulouse. Patrick Martin en vient même à douter de la politique pourtant ultra pro-patronale de Macron, qui n’aurait « pas assez insisté sur la nécessaire continuité de l’activité économique ».

Loin de là ! Dès ce matin, Le Maire et Darmanin étaient sur BFM pour réaffirmer la nécessité pour les salariés dont les « entreprises sont encores ouvertes » de « se rendre au travail ». Un coup de semonce en réponse claire aux salariés qui rechignent à aller exposer leur santé et celle de l’ensemble de la population en allant travailler pour satisfaire leurs patrons, qui n’a pas empêché de nouveaux mouvements de contestation dans la journée comme chez Dassault à Argenteuil.




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