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Du côté des riches : Le Pen s’oppose au blocage des loyers pour défendre les propriétaires

Invitée sur BFMTV politique ce dimanche, la présidente du Rassemblement National s’est opposée au gel des loyers. Celle qui aime à se présenter en candidate « anti-système » reprend la même rhétorique que le gouvernement, défendant les grands propriétaires contre les travailleurs.

lundi 11 juillet

Ce dimanche 10 juillet sur BFMTV, Marine le Pen était l’invitée sur BFMTV politique. La présidente du Rassemblement National, qui prétend défendre le pouvoir d’achat des plus précaires, a exposé ses critiques au sujet de la loi pouvoir d’achat proposée par le gouvernement.

A propos des mesures concernant les loyers, Marine Le Pen a déclaré « je pense qu’en l’état le plafonnement des loyers n’est pas la solution. » En effet, il s’agit pour elle d’une mesure qui aurait un « effet pervers », car elle affaiblit les petits propriétaires. Elle explique ainsi « bien souvent les propriétaires sont des petits propriétaires (...) Ils voient tomber sur eux l’explosion de la taxe foncière, de la taxe secondaire... Le risque c’est de gripper totalement le marché de l’immobilier. »

Un argumentaire totalement hypocrite, évoquant les « petits propriétaires » pour mieux justifier l’absence de soutien aux travailleurs locataires, qui évoque celui du gouvernement. En réalité, les petits propriétaires sont une minorité en France, puisque 3,5% des foyers détiennent au moins 5 logements et cumulent plus de 50% des appartements mis en locations sur le territoire. Les grands gagnants de la hausse des loyers ne sont pas les petits propriétaires, mais bien les grandes agences locatives qui enregistrent des profits records.

Cette rhétorique est révélatrice du projet de Marine Le Pen : son refus de proposer le gel des loyers range en effet le Rassemblement National du côté des grands propriétaires. En effet, les mesures du gouvernement, qui refuse de geler les loyers, ne permettent pas de soulager les locataires du poids financier que constitue le loyer. Le bouclier loyers bloque seulement l’indice de référence des loyers mais n’empêche en rien les propriétaires d’augmenter les loyers..

Cette convergence avec le gouvernement ne s’arrête pas au refus du blocage des loyers. À ce titre, Marine Le Pen s’enthousiasme lors de l’interview : « la défiscalisation des heures supplémentaires, oui 100 fois oui ». Or cette mesure, revendication historique du patronat, a été mise en place en 2018 par les députés macronistes pour tenter de répondre au mouvement des gilets jaunes. La défiscalisation des heures supplémentaires a marqué le retour du « travailler plus pour gagner plus » défendu par Sarkozy.

Pour l’extrême-droite comme pour le gouvernement, il s’agit de contourner la question de l’augmentation des salaires et de leur indexation qui se pose pour de nombreux salariés face à l’inflation. A la place, on favorise le recours aux heures supplémentaires comme moyen d’augmenter les salaires, individualisant au passage le problème des salaires tout en vidant les caisses de la sécurité sociale et des retraites. Là encore, il s’agit d’une position historique du RN qui s’est toujours opposé aux augmentations de salaires..

Une fois de plus, le Rassemblement national démontre ainsi le caractère anti-social et anti-ouvrier de son programme, au service des grands propriétaires et des patrons. Nous n’avons rien à attendre de la loi du pouvoir d’achat du gouvernement ou de l’opposition fumeuse de l’extrême-droite. Face une inflation qui grimpe, seul un gel des loyers et l’indexation des salaires sur l’inflation permet de lutter pour le pouvoir d’achat. Ces mesures s’arracheront par le rapport de forces, la grève et dans la rue.



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