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Culture et Sport

Coronavirus

E. Philippe menace l’accès au chômage partiel de milliers de musiciens

Alors que la crise du coronavirus se poursuit et que les travailleurs les plus précaires du secteur artistique et culturel font face à une situation économique catastrophique en raison des annulations d’événements et licenciement massifs, le gouvernement prévoit une offensive, cette fois-ci sur la question du chômage partiel, menaçant la majorité des musiciens classiques français.

mardi 14 avril

En pleine pandémie du coronavirus, le secteur artistique et culturel est maintenant à l’arrêt total pour une
durée indéterminée. Cette situation a plongé de nombreux travailleurs de la culture déjà précaires dans une situation économique encore plus incertaine. A l’annulation des événement culturels s’ajoute également des licenciements massifs qui ont eu lieu dans des entreprises énormes comme Disney ou encore Magnum.

Le secteur de la musique n’est pas épargné par cette situation économique désastreuse, comme l’explique dans une lettre ouverte le collectif des chanteurs lyriques de France : « « Si nous prenons collectivement la parole aujourd’hui c’est que la crise sanitaire actuelle accentue dramatiquement un état de précarité́ et d’isolement dans lequel nous sommes déjà ». Alors que ce secteur, déjà fragilisé, peine à survivre à cette crise tant bien que mal, le gouvernement vient porter un nouveau coup en s’attaquant à la question du chômage partiel pour la grande majorité des musiciens classiques.

C’est Aurélie Foucher, la déléguée du syndicat Profedim (ensemble, compagnies lyriques, festivals, centres de création et centres culturels de rencontre) qui a donné l’alerte sur les futurs plans du gouvernement. En effet, le ministère des Finances tente d’obtenir de Matignon l’exclusion du recours au chômage partiel pour les associations subventionnées par les pouvoirs publics. Cela concerne la quasi-totalité des ensembles musicaux et festivals français, mais aussi des institutions comme les Opéras nationaux de Lyon et Montpellier, l’Orchestre de chambre de Paris ou encore l’Orchestre national d’Ile de France, il s’agit concrètement de plus de la moitié des musiciens français.

Comme l’explique Jacques Toubon, président de la Fevis (Fédération des ensembles vocaux et instrumentaux spécialisés) pour Diapason Magazine : « Les pouvoirs publics se sont engagés au maintien des subventions, et ne veulent pas payer deux fois en rajoutant le chômage partiel. Encore faut-il voir si tous les frais de personnel, permanents comme contrats courts, sont ou non couverts par ces subventions ! ». En effet, en se servant du prétexte qu’ils accorde déjà des subventions aux associations et aux institutions, le gouvernement estime que ces subventions sont largement suffisantes pour couvrir les coûts du dispositif de chômage partiel. Or c’est souvent loin d’être le cas comme le fait remarquer Loïc Lachenal, président des Forces Musicales, le syndicat des Opéras et orchestres : « J’exprime d’ailleurs mon inquiétude à l’égard des théâtres et orchestres en régie directe, toujours exclus du chômage partiel, qui n’ont pas à ce jour les moyens d’indemniser tous ceux qui voient leur engagements annulés. Leurs subventions couvrent généralement leurs coûts de personnel fixes, mais imparfaitement les autres ».

Les travailleurs de la culture et notamment du monde du spectacle et de la musique qui subissent économiquement de plein fouet les mesures de confinement induite par la crise sanitaire sont en première ligne des victimes collatérales sans que rien ne soit mis en place pour ces métiers, pour la plupart précaire car tributaire de dates de représentations. Avec cette nouvelle tentative d’économie sur le dos des travailleurs, c’est une grande partie des institutions musicales et des artistes qui sont menacés.

© AFP / Joël Saget




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