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Politique

EELV rejoint l’offensive islamophobe : Eric Piolle demande au CCIF de rembourser ses subventions

Le numéro deux de Europe Écologie les Verts et maire de Grenoble réclame le remboursement des subventions versées au CCIF après sa dissolution par le gouvernement. Il se couche ainsi derrière la politique islamophobe et sécuritaire de Macron et Darmanin. A mille lieux de ce que devrait faire la gauche pour défendre les intérêts de notre camp social.

mercredi 9 décembre 2020

Crédit photo : Guillaume SOUVANT / AFP

Ce samedi 5 décembre Eric Piolle, numéro deux d’Europe Écologie les Verts affirmait au micro de France Info : "Nous allons demander le remboursement" de 3600 euros de subventions que l’association de lutte contre l’islamophobie, que le CCIF, dissout par le conseil des ministres en début de semaine aurait perçu en trois ans.

Eric Piolle s’aligne donc sur la position de Gérald Darmanin, qui, dans une interview à Libération qualifiait le collectif d ’ « officine islamiste […] contre la République ». Au maire de Grenoble d’ajouter : «  Nous avons un combat commun pour lutter contre les religions en politique. Nous devons lutter contre cet islam politique et les risques djihadistes [...] Les moyens mis par ces gouvernements successifs ne sont peut-être pas à la hauteur des enjeux. ». Plus de moyens pour stigmatiser les musulmans donc, pour le gouvernement tout comme pour le second d’EELV.

Avec un discours centré sur la sécurité, le maire de Grenoble cède ainsi sur la droite à [la pression mise depuis les attentats d’octobre autour des procès en « islamo-gauchisme » mené par le gouvernement sur les organisations de gauche. Une pression entretenue entre autres, par Anne Hidalgo en novembre dernier. L’édile PS de Paris avait déclarer que les élus EELV devaient « clarifier leur rapport à la République », visant en filigrane le maire de Grenoble et l’aile gauche du parti écolo.

Eric Piolle qui condamnait la politique du « tout répressif » de Darmanin en septembre dernier lorsque le ministre dénonçait un « manque d’implication de la ville dans le domaine de la sécurité », se couche désormais derrière l’offensive islamophobe du gouvernement après que celui-ci ait décidé de dissoudre le CCIF et BarakaCity. Samedi, le maire de Grenoble s’est d’ailleurs également dit favorable à un « Beauvau de la confiance », « sur les conditions de travail de policiers ». Soit la même politique que celle qu’Emmanuel Macron vient d’annoncer ce lundi pour désamorcer la mobilisation contre la loi Sécurité Globale et les violences policières, tout en renforçant l’arsenal policier et un budget supplémentaire de 1,5 milliards d’euros.

Alors que c’est précisément par le biais du projet de loi islamophobe contre le séparatisme, que Macron et Darmanin tentent aujourd’hui de faire passer les dispositions décriées par la rue de l’article 24 de la loi Sécurité Globale, et que le gouvernement mène une politique liberticide pour renforcer l’impunité policière, attaquer les droits de la presse et restreindre d’avantage le droit de manifester, cette prise de position de la part du numéro 2 d’EELV est à mille lieux de celle d’une gauche qui défende les intérêts de notre camp social pour faire face à l’offensive autoritaire, raciste et antisociale du gouvernement.




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