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Écologie

Non aux méga-bassines

« Éco-terrorisme » : Darmanin criminalise la lutte écologiste contre les méga-bassines

Ce dimanche soir, le ministre de l’intérieur Gérald Darmanin a qualifié d’« éco-terrorisme » les actions des manifestants opposés au projet de méga-bassines dans les Deux-Sèvres. Un terme aussitôt repris par le préfet de Paris, qui ouvre la voie à une criminalisation de la lutte écologiste et à l’intensification de la répression des militants.

lundi 31 octobre

Crédit photo : AFP

Ce week-end, plusieurs milliers de personnes se sont réunies à Sainte-Soline dans les Deux-Sèvres, pour contester le projet de construction d’une méga-bassine d’environ 650.000 mètres cubes. Une manifestation, qui avait été interdite quelques jours auparavant par la préfète du département, et qui a été très fortement réprimée par les gendarmes, causant plus de 50 blessés et 5 hospitalisations.

Ce dimanche soir, Gérald Darmanin a poussé la répression un pas plus loin encore, en qualifiant les manifestants « d’éco-terroristes ». Afin de justifier l’usage de gaz lacrymogènes et de grenades de désencerclement, le ministre de l’intérieur a (« remercié les 1 700 gendarmes venus de toute la France », avant d’attaquer la manifestation : « Il y a des fichés S, radicalisés à l’ultra-gauche, qui veulent s’en prendre à l’ordre républicain ».

Un discours qui a pour but de criminaliser la lutte pour l’écologie en l’assimilant à une action terroriste, ce qui ouvre la voie à davantage de répression policière mais aussi judiciaire à l’encontre des manifestants. Dans la foulée de son allocution, le préfet de Paris Laurent Nunez a réitéré des propos similaires sur France info ce lundi matin : « Pour certains [manifestants], on peut les qualifier d’écoterroristes (…) Il n’y a pas que les atteintes volontaires à l’intégrité physique. Il y a aussi des dégradations, des destructions ».

Pour accompagner cette offensive de taille contre le mouvement écologiste, l’exécutif cherche à se faire le porte-parole des agriculteurs. « Le travail des gendarmes est de faire respecter l’ordre républicain (…) pour montrer à nos agriculteurs que nous les aidons » a en effet indiqué Gérald Darmanin. De quoi laisser entendre que la répression féroce contre le gaspillage de 750 000 mètres cube d’eau se ferait au nom de la défense de l’agriculture alors que le projet a vocation à bénéficier à une petite portion d’exploitants agricoles.

Des interventions qui s’inscrivent dans la continuité d’une répression féroce de la cause écologiste depuis plusieurs années. En effet, le gouvernement a usé à maintes reprises des violences policières pour intimider les jeunes militants pour le climat, qui sont nombreux à avoir passé de longues heures en garde-à-vue après des actions écologistes. Sur le terrain judiciaire, l’exécutif n’est pas en reste : après avoir décroché des tableaux de Macron en 2019, plusieurs activistes avaient été trainés en justice et condamnés à payer des amendes.

En assimilant désormais les manifestants à des terroristes, Darmanin renforce la criminalisation des militants écologistes, annonçant une répression policière et judiciaire de grande ampleur. A l’heure où de larges pans de la population et notamment de la jeunesse prennent conscience des enjeux climatiques et se politisent sur ces questions, le gouvernement prépare de la sorte la répression des contestations futures et cherche à diaboliser la lutte écologiste dans l’opinion publique.

Face à cette répression, il y a urgence à se solidariser avec les manifestants et à s’organiser contre le projet de méga-bassine qui va détruire les sols et réserver les ressources en eau à une petite poignée d’exploitants.



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