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Notre classe

Répression dans l’éducation

Ecole Pasteur : ce mercredi soyons nombreux à soutenir les 6 enseignant.e.s muté.e.s de force

Depuis le 5 avril, les enseignant.e.s et les parents d’élève de l’école Pasteur à Saint-Denis se mobilisent contre la mutation forcée de six professeur.e.s en pleine année scolaire. Pour les soutenir, grève et rassemblement devant le ministère, ce mercredi 20 avril à 14h.

lundi 18 avril

Des dossiers irréprochables, des conclusions d’enquête reprenant les éléments de langage d’un journal d’extrême-droite

« Après avoir consulté les 6 dossiers, les collègues ne comprennent toujours pas ce qu’on leur reproche et surtout sur quelle base [cette décision de mutation] est étayée. Il n’y a, dans les dossiers de chaque collègue, aucun élément probant ou flagrant qui vient démontrer ce qui est reproché » rapporte le communiqué intersyndical Ile-de-France (CGT Educ’action, FSU, Sud Education, CNT).

Les dossiers administratifs, consultés par les six collègues, sont vides. Et rien ne semble a priori justifier la décision de « mutation dans l’intérêt du service (sic) » rendue par la DASEN à l’encontre de six collègues (syndiqués chez Sud Education et au Snuipp-FSU) qui présentent bien des atouts professionnels que n’importe quelle école (REP+ qui plus est) envierait : stabilité avec parfois plus de 10 ans d’ancienneté dans l’école, engagement auprès des élèves avec des projets autour de l’égalité fille-garçon, confiance et relation étroite avec les parents d’élèves….

Rien sinon le souhait de « répondre aux prétendues ‘’dénonciations’’ sur des médias d’extrême-droite ». En effet, un article paru dans L’Incorrect, canard idéologiquement ancré à l’extrême-droite, visait l’école Pasteur pour ses pratiques en directions de l’égalité de genre et son climat syndical. En effet, les conclusions de la DASEN venant justifier les mutations forcées vont jusqu’à en reprendre « les éléments de langage qui sont mêmes proches » précisent les organisations syndicales.

Une décision dans la droite ligne de la chasse aux « wokistes et aux islamogauchistes » menée par Blanquer

Ce qui est reproché aux enseignant.e.s, c’est « de faire vivre le conseil des maître-esses tel que cette instance est défini dans le code de l’éducation » explique le communiqué. Le conseil des maître-esses n’est autre qu’une instance de coordination et de collégialité entre les membres d’une équipe enseignante, nécessaire pour organiser la vie de l’établissement et les projets éducatifs. Pour les organisations syndicales, il s’agit d’attaquer directement « l’indépendance du fonctionnaire d’Etat telle qu’elle est définie par [les] statuts dans la loi de 1983 portant sur les droits et les obligations du fonctionnaires », de saper les collectifs de travail, la liberté pédagogique et d’instaurer aux forceps l’autorité du directeur d’école prévu par la nouvelle loi Rilhac jusqu’alors considéré comme un collègue enseignant parmi ses pairs.

Cette technique de répression n’est pas nouvelle, au niveau national, mais aussi particulièrement en Seine-Saint-Denis (93) : en 2019, elle a visé quatre collègues du collège République de Bobigny, tous également militants syndicaux engagés. En 2021, il s’agit d’Hélène, enseignante à l’école primaire Marie-Curie de Bobigny, également militante à Sud Education et engagée dans une démarche pédagogique plus inclusive. Au lycée Angela Davis de Saint-Denis quatre enseignants sont visés par des procédures disciplinaires visant autant leurs engagement dans les mobilisations syndicales que leurs pratiques pédagogiques dénoncées comme « islamogauchistes » dans un article mensonger de l’Express. Plus tôt cette année, un enseignant syndiqué Sud-Education 93 et membre du Conseil d’Administration du lycée Marcelin Berthelot de Pantin, a été convoqué par le rectorat pour avoir lu un poème.

À chaque fois, l’épouvantail du prétendu « l’islamo-gauchisme » et « wokisme » est agité, et souvent s’appuyant sur des dénonciations calomnieuses dans la presse, pour menacer et sanctionner les équipes syndicales et enseignantes engagées contre la casse du service public d’éducation et pour une pédagogie plus inclusive des élèves.

Mercredi 20 avril : grève et rassemblement devant le ministère de l’Education à 14h

Depuis deux semaines, se déploie une mobilisation sans faille sur l’école Pasteur, avec l’appuie des parents d’élèves. Alors que la grève est illimitée sur l’école depuis l’annonce des sanctions mutations, un rassemblement s’est tenu le 8 avril devant la DSDEN de Bobigny, puis le 12 avril, avec près de 500 personnes.

Face au refus des autorités départementales de l’Education de répondre aux interrogations et de recevoir des délégations, il s’agit de faire augmenter la pression. Mercredi 20 avril, à 14h, soyons nombreux et nombreuses pour dire non à la vague de répression éducative du ministère Blanquer.



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