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Notre classe

2ème ligne

École à la maison : grève au CNED face à des conditions de travail dégradées

Suite à une rentrée catastrophique dans le service « L’école à la maison » pour assurer les cours à distance du primaire au lycée, et en opposition au projet d’augmentation du temps de travail, les syndicats du CNED appellent à la grève ce jeudi 8 avril.

jeudi 8 avril

Crédits photo : Syda Productions / Shutterstock

« Depuis un an, la crise sanitaire a profondément bouleversé les modalités du travail au CNED, qui fait face à une augmentation très importante de son nombre d’inscrits, sans moyens humains supplémentaires », souligne l’intersyndicale dans un communiqué. Elle dénonce la dégradation des conditions de travail depuis des années sans que ses appels soient entendus. « Aujourd’hui, en pleine aggravation de la crise sanitaire, la direction du Cned, comme seule réponse aux revendications des personnels, a choisi de faire adopter au pas de charge une nouvelle réglementation qui remet en cause les accords de l’ARTT de 2002 et qui entraînera, sans compensation, une augmentation généralisée du temps de travail des agents ». En effet, la nouvelle direction prévoit d’augmenter le temps de travail des agent.e.s de plus de 30 minutes par jour en raison de l’explosion d’utilisateurs depuis le début de la crise sanitaire plutôt que d’embaucher des moyens humains supplémentaires.

Une 3ème vague qui catalyse les colères sociales : les travailleurs de l’Éducation Nationale les méprisé.es du gouvernement

Le mépris de la direction face aux conditions de travail des employés est tristement analogue à l’attitude du gouvernement. Blanquer a encore une fois, ce mardi 6 avril, grossièrement incarné la fuite en avant du gouvernement et le manque de moyens mis en place pour gérer les conséquences de la pandémie.

Mardi, à l’ouverture du dispositif « Ma classe à la maison » pour assurer les cours à distance, du primaire au lycée, le site du CNED a été paralysé par des dysfonctionnements informatiques. Blanquer n’a pas eu honte de les justifier par « une opération malveillante (…) apparemment venue de l’étranger » empêchant le serveur de marcher. Cette divagation sans fondement à vite été démontée par Mediapart : « D’après plusieurs sources de Mediapart au sein du SGDSN, aucune attaque venue de l’étranger n’a été identifiée expliquant l’inaccessibilité du site […] selon ces mêmes sources, le "haut fonctionnaire de défense et de sécurité" référent au ministère de l’éducation nationale, Marie-Anne Lévêque, et son adjoint, le préfet Philip Alloncle, ont dû consulter Google Actualités mardi en fin de matinée, depuis leurs bureaux rue de Grenelle, pour en apprendre davantage sur cette cyber-agression "venue de l’étranger" ». Le gouvernement adore surfer sur la vague de « l’ennemi intérieur ». Mais au-delà des relents complotistes de cette sortie, cette dernière est le symptôme du manque total de contrôle du gouvernement qui assurait être « préparé à tout ».

Une grève dans la continuité d’années de demandes de considération de la part des travailleurs du CNED

Alors que le gouvernement et le patronat continue de taper sur les droits et les acquis sociaux des travailleurs de l’éducation surchargés depuis le début de la crise, la 3ème vague fait à nouveau exploser des colères sociales qui ne cessent de s’accumuler. Les agent.es du CNED s’étaient déjà mobilisé.es en 2016 en organisant des mouvements de grève dans toute la France suite à la mise en place d’une nouvelle direction et pour dénoncer la dégradation des conditions de travail et de la qualité du service. Le démantèlement de l’établissement et l’externalisation croissante des activités font craindre aux représentant.es du personnel une privatisation du CNED qui dépend encore de l’Éducation Nationale. L’acheminement vers la privatisation de l’établissement est enclenché depuis des années. Déjà en 2011, SUD-Education dénonçait « l’abandon de la mission de service public » et « l’orientation vers une activité plus commerciale en concurrence avec les opérateurs privés comme Acadomia ou Complétude. L’annonce récente du passage du CNED du statut d’établissement public administratif (EPA) à celui d’établissement public industriel et commercial (EPIC) ne fait que confirmer cette tendance. Pour Michel Leroy, il s’agit d’introduire plus de « souplesse » dans sa gestion. On connaît le refrain. »

Alors que tous les cours ont de nouveau basculé en distanciel après une politique meurtrière d’ouverture des écoles basée sur une communication de l’« exception française », le gouvernement continue sa course au profit. La nouvelle direction du CNED avait comme mission le « rétablissement du dialogue social ». Il n’en est rien, bien évidemment. Au contraire, les conditions de travail des employé.e.s de l’Education Nationale continuent d’être aggravées par la politique de la macronie qui fait la sourde oreille à toute revendication. Dans l’ensemble des secteurs de la première et la deuxième ligne, qui subissent de plein fouet les conséquences de la crise, il est urgent de s’organiser et construire un rapport de forces autour de la revendication d’un investissement massif, de protocoles sanitaires corrects, et d’une embauche de personnel.




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