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Politique

Répression

Edouard Philippe en Seine-Saint-Denis : les syndicats reçus à coups de matraques

Jeudi dernier, alors qu’Edouard Philippe et 6 autres ministres étaient en déplacement officiel à la préfecture de Bobigny pour présenter 23 mesures pour « accompagner et reconquérir » le département de la Seine Saint Denis, un rassemblement contre la casse des services publics a été évacué manu militari tandis que le secrétaire général de la CGT 93, embarqué par la police, est convoqué en correctionnelle 2021 pour avoir tenu une banderole.

lundi 4 novembre

Crédits photos : photo LP/M.Fr.

« Criminalisation de l’action syndicale, seule réponse gouvernementale à l’urgence sociale du pays » Communiqué CGT

Alors qu’ils ne faisaient que dresser une banderole « Halte à la casse du service public » et qu’ils attendaient que le gouvernement fournisse des détails sur l’application des primes promises, une horde de policiers ont encerclé et chargé les manifestants, puis ont interpellé de force le secrétaire départemental de la CGT 93, Hervé Ossant. Placé en garde à vue, un rassemblement a rapidement été organisé devant le commissariat pour exiger sa libération.

Pour avoir tenu la banderole, le secrétaire général CGT a passé 7 heures au poste et se voit aujourd’hui convoqué au tribunal correctionnel pour février 2021.

Comme le dénonce la CGT, cette « criminalisation de l’action syndicale » n’a rien d’un fait divers. Si l’échéance de jeudi, « particulièrement attendue », a fait plus d’écho dans les grands médias que l’arrestation, celle-ci atteste d’un tournant répressif qui s’intensifie contre les militants et les syndiqués. C’est pourquoi nous exigeons, aux côtés de la CGT, l’arrêt de toutes les procédures à l’égard de Hervé Ossant et dénonçons d’une même voix cette criminalisation. Il faut dire cependant que ce genre d’intimidations, qui ont décuplé depuis l’irruption des Gilets Jaunes, ne font que montrer en contraste que le gouvernement craint assez la colère sociale pour vouloir l’éradiquer durant ses apparitions publiques.

Dans un contexte où cette colère se cristallise notamment autour du 5 décembre contre la réforme des retraites, ces mesures se présentent comme une sorte de plan d’urgence aux aspects régaliens, destiné à s’adresser aux fonctionnaires et à l’électorat conservateur par le biais de primes et de dispositifs sécuritaires surtout au moment où le gouvernement impose ses contre-réformes destructrices comme celle de l’assurance-chômage.




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