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Politique

Education. Le gouvernement allège le protocole sanitaire alors que les classes ferment de plus en plus !

À l'heure où le variant anglais se diffuse à très grande vitesse dans les écoles et que le nombre de classes qui ferme se multiplie, le gouvernement allège le protocole sanitaire vis à vis du variant. Une fois de plus, l'irresponsabilité de Blanquer met en danger les élèves, leurs familles et les personnels de l'Education nationale.

mercredi 17 février

crédit photo : SEBASTIEN BOZON / AFP

Au moment même où la situation sur Dunkerque et en Moselle devient critique en raison de la diffusion à grande vitesse du variant anglais ; au moment même où le nombre de classes fermées est passé en une semaine de 934 à 1599 (+70%) et alors même que les académies de la Zone A sont en vacances, le gouvernement décide d’alléger le protocole sanitaire dans les écoles à propos du variant anglais. Comme si changer les règles sanitaires de prise en compte du virus allait masquer la réalité de l’épidémie. Encore une fois, le gouvernement chercher à masquer la réalité de l’école contaminante alors même qu’il a reconnu qu’« il y a des contaminations à l’école ».

« La conduite à tenir autour d’un cas confirmé de la variante britannique est la même que pour le cas général », signale la FAQ du gouvernement. Autrement dit, le variant anglais qui, il y a encore une semaine, était considéré comme une menace sérieuse, devient aussi « banal » que la souche première du Covid. Pour un gouvernement qui s’évertue à nier la réalité de l’épidémie dans les écoles, cela pourrait presque passer pour quelque chose de normal... En une semaine à peine, donc, les élèves d’une classe où le variant a été détecté sont passés de « contacts à risque » à simple « cas contact ». On ne ferme désormais plus une classe qu’à partir de trois cas avérés. Toutes les mesures de préventions contre le variant anglais, particulièrement virulent chez les jeunes, se sont donc évanouies comme par magie.

Le protocole renforcé du 1er février n’aura donc tenu que l’espace de 12 jours. En effet, vendredi dernier, le gouvernement opère un tournant à 180 degrés et assoupli le protocole sanitaire, notamment en ce qui concerne le variant anglais. Simple gymnastique arithmétique, le variant est responsable, selon le ministre de la Santé, Olivier Véran, de 20 à 25% du nombre de fermeture de classes et d’établissements : le « normaliser », c’est réduire le nombre de classes fermées. Le gouvernement s’initie ainsi aux prodiges de la novlangue : changer les mots et les règles pour donner l’impression que la réalité du terrain a changé.

C’est ce que souligne sur Twitter Sophie Vénétitay, secrétaire générale adjointe du SNES-FSU : « J’ai loupé l’avancée scientifique de la semaine qui justifie l’allègement du protocole sur les variants ou c’est encore une décision incompréhensible du ministère de l’Education nationale ? ». Le syndicat majoritaire chez les enseignants du second degré insiste dans un communiqué sur l’irrationalité de la décision gouvernementale : « cette décision semble guidée par un objectif de communication. Alors que la fièvre monte, comme l’atteste le bilan hebdomadaire des fermetures de ce vendredi, le ministre ne trouve qu’un remède : casser le thermomètre ». Face à ce déni de réalité, le syndicat fustige la communication du gouvernement qui ne vise qu’à masquer son incurie : un protocole sanitaire « ne sert pas à produire des chiffres pour enjoliver un bilan ministériel mais à protéger les adultes et les élèves ». De leur côté, les collectifs de parents comme le collectif École et familles dénoncent la « volte-face » du gouvernement qui « sonne comme une trahison vis-à-vis des familles et des enseignants confrontés quotidiennement à des situations potentiellement dangereuses ».

La vague de colère qui avait secoué l’Education nationale en novembre dernier suite à la mise en place du deuxième confinement pourrait bien revenir tant l’irresponsabilité et la manipulation de la réalité par le gouvernement sont grandes. Les enseignants qui réclament au gouvernement depuis des mois des moyens pour enseigner, pas pour contaminer risquent de devoir faire face à un autre confinement total, ce qui serait une catastrophe pour les élèves. Seule la mise en place de protocole à la base par les équipes comme à Stains pourra garantir des conditions de sécurité optimales pour les élèves, leurs familles et les personnels.




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