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Notre classe

Guerre des chiffres et actions coup de poing

Education. Mobilisation en hausse par rapport au 16 !

Blanquer pariait sur un essoufflement, après avoir brandi la menace de la répression ? C’est le contraire qui arrive. Hausse du taux de grévistes et multiplication des actions coups de poing, sur fond de blocages de E3C, le nouveau bac voulu par le ministre.

vendredi 24 janvier

Comme d’habitude, c’est la guerre des chiffres entre le ministère de l’Education nationale et les syndicats. Pour la rue de Grenelle, le taux de grévistes, ce jeudi, serait de 15,84% dans le primaire et de 10,30% dans le secondaire. Le SNUIpp et le SNES, les principaux syndicats du primaire et du secondaire, parlent, eux, de 40% de grévistes dans les écoles maternelles, les écoles primaires, les collèges et les lycées. En tout état de cause, ce que le gouvernement ne peut cacher, c’est qu’en comparaison au 16, la mobilisation est en nette hausse si l’on tient compte de ses propres chiffres : trois fois plus dans le primaire et le double dans le secondaire, puisque Blanquer parlait, la semaine dernière, de 6,60% de grévistes dans les écoles et de 6,83% dans les collèges et lycées.

Les AG de grévistes sont l’expression de ce regain dans la mobilisation, tout comme le nombre d’école fermées. Autant voire plus d’enseignants du premier degré en AG, ce matin, à Paris, et 50% de grévistes selon le SNUIPP, soit au-dessus de la moyenne nationale. Et aux personnels titulaires en grève, il faut ajoute les précaires des activités périscolaires et des accueils. On ne compte pas le nombre d’école, à Paris et en région, où la cantine ne sera pas assurée, ce vendredi. A Annecy, à Montpellier, à Rennes ou à Poitiers, par exemple, les écoles vont tourner au ralenti, aujourd’hui. Les enseignantes et enseignants, eux, sont dans la rue, souvent accompagnés par les parents d’élèves.

Parallèlement, contrevenant aux déclarations menaçantes du ministre qui s’est insurgé contre les actes symboliques de jets de manuels, les actions coup de poing se sont multipliées, ce vendredi. A Besançon, des copies et des livres ont été déposés devant une antenne du rectorat. Deux lycées nantais étaient bloqués, ce matin, d’où les élèves sont partis en cortège pour rejoindre la manifestation. Plus tôt, dans la matinée, à Saint-Nazaire, des lycéens, accompagnés d’enseignants et de parents, ont allumé un grand feu de palettes devant la cité scolaire de la ville, en protestation contre la réforme. En Martinique et en Guadeloupe, la quasi-totalité des lycées et collèges étaient bloqués jeudi, dans le cadre de la mobilisation contre les réformes du bac et des retraites, et le mouvement va s’amplifier dans les prochaines heures.

Blanquer est en train de perdre son pari de fin de mouvement. Et ce d’autant plus que, dans les lycées, les épreuves anticipées du nouveau bac, les E3C, sont très fortement perturbées. Celles qui étaient prévues aujourd’hui ont été, dans leur grande majorité, déprogrammées. Et dès lundi, les blocages et les mobilisations devant les grilles des établissements vont reprendre.




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