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Le gouvernement ment

Education : après une journée de grève majoritaire réussie, construire et massifier les AGs

Ce jeudi 19 janvier, les travailleurs de l’éducation nationale ont répondu au gouvernement par une grève majoritaire contre la réforme des retraites. Avec 65% du corps enseignant mobilisé selon les syndicats, un message clair est envoyé au gouvernement et à ses mensonges : les manœuvres ne fonctionneront pas, les enseignants sont déterminés à se mobiliser contre la réforme des retraites.

jeudi 19 janvier

Alors que la mobilisation s’annonçait massive à l’approche du 19 janvier, le gouvernement a multiplié ces derniers jours les manœuvres et tentatives visant à désamorcer le front de l’Education nationale : annonce d’Elisabeth Borne pour les professeurs des écoles, envoi de mails prônant les mérites de la réforme, reprise des concertations sur la « revalorisation » du métier enseignant… Autant d’annonces qui visaient à affaiblir au maximum la mobilisation des enseignants qui s’opposent fortement à la réforme des retraites.

La grève de l’éducation nationale est majoritaire

Face aux manœuvres gouvernementales, la réponse des travailleurs de l’éducation est claire : la grève est majoritaire et engage l’ensemble des corps de métier, avec des taux de grévistes avoisinant la très grosse journée du 5 décembre 2019. Au total, « 65 % des professeurs, CPE, PsyEN, AED et AESH sont en grève jeudi dans les collèges, les lycées et les CIO (centre d’information et d’orientation) », explique le syndicat Snes-FSU dans un communiqué. Dans le détail, le Snuipp-FSU chiffre à 70 % le nombre d’enseignants grévistes dans le primaire. Ils sont 65% de grévistes parmi les professeurs de collèges et lycées avec « des pics à plus de 80 % de grévistes dans certains établissements ». En termes de fermeture d’établissements, l’impact est aussi considérable. À Paris, le SNUipp-FSU recense « au moins un tiers des écoles » complètement fermées. En Seine-Saint-Denis, près de 300 écoles sont fermées.

Des taux de grévistes que le gouvernement cherche ouvertement à mettre en doute pour minimiser la mobilisation ce jeudi. Le ministère de l’Education nationale estime le taux de gréviste entre 34,66% et 42,35%. Un mensonge éhonté alors que l’on sait désormais officiellement que le gouvernement n’estime pas les taux de grève de manière exhaustive mais par échantillon.

En réalité, la première journée de grève des enseignants s’avère très massive et majoritaire. Ils étaient aussi massivement présents dans les cortèges comme à Toulouse où Diane, militante à la CGT et à Révolution Permanente expliquait : « ça fait longtemps que je n’avais pas vu autant de profs dans les cortèges. Autant en janvier dernier, on avait pu avoir une journée de grève massive où finalement peu de profs étaient descendus dans la rue. Autant là, j’ai l’impression qu’il y a une vraie volonté de montrer notre colère à Macron et d’être dans la rue aux côtés des autres secteurs qui se mobilisent ». Une journée qui s’avère globalement équivalente à celle du 5 décembre 2019, contre la précédente tentative de réforme des retraites.

Une grève massive, les Assemblées Générales restent à construire

Dans de nombreux établissements et villes, des Assemblées Générales se sont tenues avec d’importantes disparités. En Ile-de-France, l’affluence était au rendez-vous comme à Cergy (Val D’Oise) avec 150 personnes présentes. Les AGs étaient de plus petite taille à Persan-Beaumont, Argenteuil, Sarcelles (Est) où elles regroupaient 50 personnes. Dans d’autres villes, comme à Toulouse, près de 170 personnes se sont réunies à l’Assemblée Générale Education appelée par les syndicats.

A Sarcelles (95), Gwen, enseignante militante à Sud Education et Révolution Permanente, expliquait : « les discussions ont tourné autour de la nécessité d’un plan de bataille pour gagner face à Macron et la réforme des retraites ». Avant d’ajouter : « de nombreuses interventions ont pointé l’idée qu’il faut une reconductible et une grève dure, nous sommes dans l’attente d’un vrai plan de bataille. » L’AG a adopté un communiqué qui appelle à la nécessité de construire la reconductible, à suivre le plan de bataille des raffineurs, et revendique un départ à taux plein à 60 ans pour tous et 55 ans pour les métiers pénibles. Le communiqué appelle à lier les revendications sur les retraites à celle des salaires.

Si de nombreuses AGs ont permis une première prise de température, celles-ci restent pour l’heure à l’état embryonnaire et doivent être construites et massifiées. Comme le pointe Marion Dujardin, enseignante dans le 93, les AGs sont d’une « importance fondamentale » : « un seul jour de grève ne suffira pas à faire plier le gouvernement et il y a, pour cela, une nécessité de se regrouper, de discuter, d’aller chercher ceux qui sont contre la réforme mais qui n’osent pas encore passer le cap de la grève ». Avant d’ajouter que, « [ces AGs] permettent d’organiser des caisses de grève pour tenir dans la durée, de penser le calendrier et la manière de le rythmer ».

Les travailleurs de l’éducation doivent appeler à suivre le plan de bataille des raffineurs

Alors que le test de la mobilisation du 19 janvier est une réussite, la question des suites et du plan de bataille à venir se pose de manière d’autant plus urgente. De ce point de vue, il est probable que l’intersyndicale, qui se réunit ce soir, propose une nouvelle journée de manifestation dans le courant de la semaine prochaine. Or, ce plan de bataille est loin d’être suffisant, car il faudra bien plus qu’une nouvelle journée de manifestation isolée pour faire reculer Macron et sa réforme des retraites.

Pour mettre en œuvre ce plan de bataille, un point d’appui important existe, celui des raffineurs qui ont mis sur la table un plan de grève "crescendo" : une grève de 24h ce 19 janvier, de 48h à partir du 26 janvier et de 72h à partir du 6 février pour aller vers la grève reconductible. C’est autour d’une telle perspective, orientée vers la construction d’une grève reconductible, que les travailleurs de l’éducation nationale pourraient converger.

C’est en l’occurrence sur ce plan de bataille que se sont appuyés les enseignants de l’AG de Sarcelles où étaient réunis enseignants du 1er, du 2 degré, AESH,AED, Agents, parents d’élèves pour appeler « à discuter dans les prochaines assemblées d’établissement, de secteur ou de ville du plan de bataille pour les semaines à venir et à discuter de celui proposé par les raffineurs de la CGT-Pétrole qui propose deux temps forts pour la grève, de 48h les 26 et 27 janvier, et 72h à partir du 6 février pour partir ensuite en reconductible afin de jeter ce projet de réforme des retraites dans les poubelles de l’histoire ! ».

Un communiqué qui peut servir de point d’appui pour que l’ensemble du monde du travail rejoigne le plan de bataille des raffineurs. Pour cela, il nous faut exiger que l’intersyndicale rejoigne ce plan de bataille qui, loin des journées isolées, appelle à la reconduction crescendo de la grève en 24h, 48h puis 72h à partir du 6 février, dans la perspective de la grève reconductible.



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