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Politique

Cinquième vague

Education nationale : 6000 classes fermées, l’épidémie progresse mais toujours aucun moyen

Avec la forte reprise épidémique, le taux d'incidence des élèves de primaire et de collège a fortement augmenté cette dernière semaine. On compte désormais 6000 classes fermées sur le territoire, contre 4000 vendredi dernier. Face à la cinquième vague, le protocole sanitaire reste le même, et aucun moyen supplémentaire n'est proposé.

jeudi 25 novembre

La cinquième vague est là. En France, elle a débutée en octobre, associée au variant Delta, très contagieux, et s’est confirmée ces dernières semaines avec une reprise épidémique « fulgurante » selon les mots du porte parole du Gouvernement Gabriel Attal. Sans surprise, parmi les foyers épidémiques les plus virulents, on retrouve l’école et les établissement de l’enseignement secondaire.

Pourtant, en septembre, le gouvernement annonçait la levée de l’obligation du masque dans le primaire contre l’avis du conseil scientifique qui alertait sur le risque d’une « épidémie pédiatrique ». L’objectif pour le gouvernement était de confirmer sa gestion de la crise et de faire de la levée des masques le symbole du retour des « jours heureux ».

Le rebond épidémique que l’on connaît depuis quelques semaines aura eu raison de ce coup de com’, avec l’annonce mardi par le ministre de l’Education Nationale Jean-Michel Blanquer de 6000 classes fermées en France, particulièrement dans le primaire, contre 4000 vendredi dernier. Avec un taux d’incidence multiplié par 2,5 pour les 6-10 ans en l’espace d’une semaine pour s’établir à 340 cas pour 100.000, ce chiffre dénote d’une circulation très active du virus. Les collégiens ne sont pas en reste, avec une incidence supérieure à la moyenne (estimée à 190), s’établissant à 208 pour les 11-14 ans. La responsabilité d’Emmanuel Macron, qui souhaitait jouer les épidémiologistes pour nourri son agenda politique au mépris des alertes est donc clairement établie.

Au delà des dernières décisions, c’est la responsabilité du ministre de l’Education National qui est en cause. Un an après la grève des professeurs du secondaire en novembre 2020, rien n’a été fait pour répondre à leurs revendications et leur donner des moyens pour faire face aux différentes vagues épidémiques. Pourtant, c’est bien ce manque de moyens, que les travailleurs de l’éducation nationale dénoncent depuis le début de la crise sanitaire. L’une des principales causes de la circulation du virus dans les écoles à ce jour ne semble pourtant toujours pas être au centre des préoccupations du gouvernement. Le ministère Blanquer a, au contraire, poursuivi sa politique de suppression de postes et d’économies, allant jusqu’à rendre 400 millions d’euros sur son budget en 2021

Pour limiter la propagation du virus, et « limiter les brassages » comme le demande le protocole sanitaire, il serait en effet nécessaire de réduire le nombre d’élèves par classe, mais aussi de recruter massivement du personnel qualifié pour la prise en charge des élèves et de leur santé. Des investissements sont aussi nécessaires, par exemple pour l’achat de capteurs de CO2, qui, contrairement aux promesses du gouvernement, sont rares à avoir été mis en place et restent en majeure partie à la charge des communes ! Enfin, alors que l’accès, pour les directions d’établissements, au statut vaccinal des élèves a instauré une forme de « pass sanitaire » dans le secondaire, et que les tests sont désormais devenus payants pour les non-vaccinés, il serait nécessaire de renforcer l’accès à un dépistage gratuit à l’école comme à l’extérieur.

C’est l’essentiel des revendications portés encore aujourd’hui par le corps enseignant, mais aussi par les élèves. Face à la crise de recrutement pour assurer les cours et aux démission en cascade depuis le début de la crise, les élèves du Lycée professionnel Sabatier à Bobigny ont mis en place un blocus lundi 22 novembre pour réclamer des moyens supplémentaires et le remplacement des professeurs sur différentes matières qui ne sont plus assurées.

Outre le manque de professeurs, ce sont aussi les agents de nettoyage, personnels médicaux et AED qui manquent cruellement. Ces professionnels sont en effet de moins en moins présents sur les établissements à cause des conditions de travail de plus en plus dégradées, et de salaires moins élevés. En Seine-Saint-Denis, les assistants d’éducation voient encore leur charge de travail augmenter, avec en moyenne 1 poste d’AED pour 78 élèves en 2020 qui est passé à 1 poste pour 80 élèves en 2021. Idem pour les CPE, Sud-Education 93 révèle que pour une augmentation de 1300 élèves dans le département l’année dernière, aucun poste supplémentaire n’a été créé. De nombreux établissements se retrouvent donc en sous-effectifs avec parfois un seul poste de CPE pour près de 600 élèves. Sud-Education chiffre quant à eux que sur l’ensemble du territoire, il n’y a en moyenne qu’un médecin scolaire pour 12 000 élèves

Malgré une telle situation, qui rend encore plus périlleux le passage de la cinquième vague, l’heure n’est toujours pas à l’embauche, avec la suppression de 7490 postes dans les collèges et lycées depuis le début du quinquennat. Comment espérer faire face à une épidémie quand un protocole sanitaire limité ne peut même pas être assuré par un personnel dépassé.

Alors que le gouvernement nous a montré son refus de gérer véritablement la crise sanitaire, il nous revient d’imposer par le bas, depuis nos établissements, mais aussi sur tous nos lieux de travail, une gestion de la crise. Imposons la mise en place d’un plan sanitaire d’urgence pour traverser cette cinquième vague.




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