^

Politique

Edito

Education nationale. En grève, imposons notre plan d’urgence : des moyens, des embauches maintenant !

Les organisations syndicales enseignantes appellent à la grève contre le protocole sanitaire insuffisants que Blanquer veut imposer et la gestion catastrophique de la crise par le gouvernement dans les lieux d'enseignements. Alors qu’ils jouent avec nos vies, il est plus que nécessaire d’imposer notre propre plan d’urgence sanitaire, qui pour être effectif doit s’accompagner d'embauches massives.

mardi 10 novembre

Crédits photos :(THOMAS SAMSON / AFP)

Une semaine après la rentrée catastrophique dans les écoles, collèges et lycées, l’Éducation nationale est en grève pour protester contre les mesures insuffisantes mises en place par le gouvernement et le mépris de Blanquer, incapable de faire face à la crise sanitaire. Lundi 2 novembre, des mouvements de grève spontanés de la part d’enseignants et de lycéens se déclenchaient un peu partout pour protester contre l’absence de protocole sanitaire à la hauteur dans les lieux d’enseignements. « 30 en classe avec le covid c’est pas normal ! » affirmaient les élèves en grève du lycée Paul Éluard de Saint-Denis pour dénoncer les mesures bidons du protocole soit-disant renforcé de Blanquer.

La pression de la rue et des mobilisations, souvent émaillées de violences policières contre les lycéens, ont mis sur le devant de la scène le « ras-le-bol général » dans l’éducation, comme le souligne Faiza, prof à Bobigny. Moyens insuffisants, classes surchargées, masques de mauvaise qualité, masque non fournis pour les élèves, gel insuffisant, brassage, cantines bondées et absence de distance physique minimale... tous ces éléments largement relayés sur les réseaux sociaux ont concouru à faire déborder le vase alors que les profs sont en première ligne lors de cette deuxième vague et de ce deuxième confinement.

En fin de semaine, Blanquer consentait à quelques reculs sur le protocole mais encore une fois en faisant les choses à moitié et au rabais. « Possibilité de faire dans tous les lycées des demi-groupes ». Possibilité ? Non urgence ! La contamination ne cesse de se répandre, les hôpitaux arrivent à un stade critique sur l’ensemble du territoire, le confinement est imposé une nouvelle fois faute d’avoir mis les moyens nécessaires en œuvre pour faire face à la deuxième vague et Blanquer voudrait nous faire croire que c’est au cas par cas qu’il va falloir arbitrer pour les demi-groupes dans les lycées ? Annulation des épreuves d’évaluation communes mais maintien des épreuves de spécialité en mars prochain. Avancer à marche forcée sans prendre en compte les conditions dégradées d’enseignement liées à la crise sanitaire pour finir des programmes impossibles et faire passer un bac inégalitaire dont les enseignants ne veulent pas, voilà l’unique programme de Blanquer et voilà tout son mépris allié à un déni de réalité quant à la situation dans les écoles.

Face à cet acharnement du pouvoir à ne pas voir ce qui est pourtant sous nos yeux, il est urgent de se mobiliser par la grève pour envoyer un signal fort de refus d’être sacrifiés en première ligne. Mais il est aussi urgent de se mobiliser pour imposer, par en bas, des mesures radicales qui vont bien plus loin que les demi-groupes en classe, comme c’est le cas à Stains en Seine-Saint-Denis. Mesure minimum, les demi-groupes doivent être complétés par des embauches massives de profs et de personnels, seules à même de soulager l’école et de permettre d’accueillir le maximum de monde dans de bonnes conditions. Du matériel et des locaux doivent être mis à disposition pour répondre aux problèmes d’effectifs et aux mesures sanitaires minimales. Tout cela doit entraîner une généralisation des revendications pour dépasser la gestion de la crise établissement par établissement imposée par le ministère et permettre d’unifier les personnels et usagers de l’Éducation nationale, et s’adresser à l’ensemble de notre camp social.




Mots-clés

Education nationale    /    Grève   /    Education   /    Politique