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Politique

Blanquer ou Ndiaye : même Macron, même combat

Education : une personnalité 100% made in Blanquer à la tête du cabinet de Pap Ndiaye

Jean-Marc Huart, ex-Directeur général de l’enseignement scolaire (DGESCO) sous Blanquer, vient d'être nommé directeur de cabinet du nouveau ministre de l’Éducation nationale Pap Ndiaye. Une décision qui confirme bien la volonté de poursuivre la politique menée par l'ancien ministre, malgré son le profil « anti Blanquer ».

lundi 23 mai

Crédits photos : EMMANUEL DUNAND / AFP

Fraichement investi ministre de l’Éducation nationale, Pap Ndiaye a nommé ce lundi 23 mai Jean Marc Huart comme directeur de cabinet selon L’Express. Si le nouveau ministre tente d’apparaître comme « l’anti Blanquer » de part ses différences symboliques avec l’ancien ministre, c’est aujourd’hui le choix de la continuité du quinquennat Blanquer qui s’impose avec cette nomination. En effet, Jean Marc Huart a été au cœur des politiques réactionnaires menées par le précédent ministre. Comme le résume l’historien de l’éducation Claude Lelièvre pour L’Express, le poste qu’occupait Jean Marc Huart (DGESCO) de 2017 à 2019 est central dans l’administration : « C’est le patron de l’Education Nationale, une sorte de vice-ministre qui pilote la politique décidée par le ministère à tous les niveaux : primaire, collège et lycée ».

Pap Ndiaye aura donc, en tant que directeur de cabinet, un homme qui a appliqué l’agenda de casse de l’éducation nationale sous Blanquer et Macron. Des réformes Blanquer, marquées notamment par la réforme du Bac mais aussi par la mise au pas des enseignants avec la "loi Blanquer" qui favorise la répression des enseignants qui osent se mobiliser pour leurs droits ou contester le gouvernement. En bref, un acteur de premier plan des politiques réactionnaires menée par Blanquer et du "retour à l’ordre républicain" imposé par le premier quinquennat Macron au sein de l’éducation nationale, après une période où les enseignants s’étaient fortement mobilisés notamment pendant la grève contre la réforme des retraites.

Pire encore, Jean Marc Huart est potentiellement impliqué dans l’affaire Avenir lycéen, un scandale qui concerne la corruption de mineurs, impliquant Blanquer en personne et ses proches collaborateurs. Le syndicat Avenir Lycéen, connu pour ses positions pro-gouvernement et composé d’une partie de ses membres venant des jeunes avec Macron (JAM), a non seulement bénéficié de coquettes subventions (95 000 € sur deux ans) tandis que les autres syndicats voyaient leurs moyens baisser, mais était aussi piloté en sous-bassement par le ministère pour casser la dynamique contestataire qui s’installait chez les lycéens. Clairanne Dufour, ex-présidente d’Avenir Lycéen, affirmait ainsi que Maxence Duprez, fondateur du syndicat, et Jean-Marc Huart cogéraient leur communication numérique. Le nom de l’ancien DGESCO revient régulièrement dans cette affaire.

Pour résumer, Jean marc Huart a été l’un des éléments-clés des politiques réactionnaires et des scandales du quinquennat Blanquer. Si symboliquement, la figure de l’antiraciste universitaire de Pap Ndiaye semble trancher avec le profil de Blanquer, la présence de Jean-Marc Huart à la direction de son cabinet confirme bien sa volonté de poursuivre la politique déjà entamée par son prédécesseur et d’approfondir la casse de l’Education Nationale voulue par Macron.

Cette nomination confirme qu’il ne faut avoir aucune illusion dans le nouveau ministre de l’Éducation nationale. L’horizon, pour les enseignants et les personnels de l’Education nationale, reste ainsi celui d’une précarisation accrue de leur métier, d’une dégradation des conditions de travail et de l’application, à l’école, de méthodes autoritaires, managériales et répressives,.

Aucune illusion donc dans un pseudo « dialogue social » avec Pap Ndiaye qui, quelles que soient ses prises de positions universitaires, ne sera pas un rempart face à la réalité de la violence du régime d’Emmanuel Macron, toujours plus dur pour le monde du travail. Pour les travailleurs de l’Education Nationale, l’urgence est au contraire à s’organiser et préparer un « troisième tour social » contre les futures attaques du gouvernement, qui a déjà démontré de trop nombreuses fois son mépris.



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