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Montpellier

Élections étudiantes à Paul Valéry : pourquoi voter pour Le Poing Levé, une liste révolutionnaire ?

Le 15 et 16 novembre ont lieu les élections des conseils centraux de Paul Valéry à Montpellier. Le Poing Levé y porte une liste révolutionnaire avec un programme pour la hausse des bourses et de salaires, en défense des droits des femmes, anti-racistes, écolo, et contre l'extrême droite et les idées réactionnaires du gouvernement.

lundi 14 novembre

Les élections des conseils centraux de l’université Paul Valéry à Montpellier se dérouleront les 15 et 16 novembre. Les étudiant.e.s votent pour leurs représentant.e.s au conseil d’administration (CA) ainsi qu’au conseil des études et de la vie universitaire (CEVU).

Ces élections prennent place dans un contexte polarisé : à l’échelle internationale comme nationale, la situation est marquée par des crises (écologique, économique avec l’inflation), des conflits guerriers qui se multiplient, ainsi que des grèves et des révoltes dans de nombreuses parties du monde.

Alors que 20% des étudiant·es vivent déjà sous le seuil de pauvreté, le coût de la vie a augmenté de 6,47%. Pourtant, les bourses, les salaires et toutes les aides sociales n’ont pas augmenté : une hausse de 4% des bourses quand l’inflation atteint 6% c’est une baisse de nos revenus. Pendant ce temps, les profits des grandes entreprises qui détruisent la planète, eux, ne cessent d’augmenter.

Dans le même temps, [le gouvernement s’organise pour faire payer la facture de la crise énergétique aux étudiants, tandis que les politiques de sélection à l’université ne font que se renforcer, rendant l’accès aux études toujours plus difficile pour les jeunes des classes populaires.

À l’échelle internationale comme nationale, l’extrême droite prend de l’ampleur, encouragée par les discours racistes du gouvernement. À Montpellier, ces dernières semaines, de nombreuses organisations, dont Le Poing Levé et Révolution Permanente, ont dénoncé les tags racistes sur les murs de Paul Valéry instrumentalisant la mort de Lola avec le message « mort aux arabes ».

Dimanche 6 novembre, trois des militant·es du Poing Levé ont été agressés par des militants fascistes cagoulés et armés alors qu’iels collaient des affiches pour les élections étudiantes à l’entrée de Paul Valéry. Dans la nuit de jeudi à vendredi, des tags fascistes et homophobes ont été découverts sur les locaux du Poing Levé, mais aussi de l’union syndicale Solidaires et de l’association d’aide aux migrants La Cimade. Cette deuxième attaque est survenue après la réponse unitaire d’appel à un rassemblement contre l’extrême droite initiée par Le Poing Levé.

C’est pourquoi, ce lundi 14 novembre, Le Poing Levé a organisé un rassemblement contre l’extrême droite devant la BU de Paul Valéry, rejoint par de nombreuses organisations de la fac (SCUM, Solidaires Étudiant-e-s, FSU, CGT) et de la ville (France Insoumise, NPA, UCL...). Le rassemblement a été une réussite, avec près de 100 personnes présentes et beaucoup d’organisations représentées pour affirmer : « Pas de fachos dans nos quartiers, pas de quartier pour les fachos ! »

Il est urgent de s’opposer à cette extrême droite qui est un danger pour tous et toutes. Pour cela, plus globalement, il faut construire une alternative à cette société qui ne nous promet que crise écologique, crise économique et conflits guerriers.

Pourquoi voter pour Le Poing Levé ?

Le Poing Levé, c’est un collectif d’étudiant·es et lycéen·nes qui ont participé aux luttes des ces dernières années contre le racisme, les violences policières, pour le climat et contre les violences sexistes et sexuelles. Nous nous présentons pour la première fois aux élections étudiantes à Montpellier et nous sommes présent·es depuis 2018 à Paris, Toulouse, Bordeaux, Rennes, Marseille, Metz, Chambéry...

Nous refusons l’université qu’on cherche à nous imposer mais aussi le monde capitaliste dans lequel elle s’insère. Pour lutter pour une société débarrassée de toute exploitation et oppression, nous pensons qu’il est indispensable de nous organiser sur nos lieux d’études, mais aussi au-delà, et de lutter aux côtés des travailleurs·euses. C’est pourquoi nous sommes lié·es à l’organisation communiste révolutionnaire Révolution Permanente, dont le congrès de fondation se tient en décembre.

Parce que nous nous battons pour une société exempte du racisme et du sexisme, nous luttons pour une université débarrassée de ces oppressions. À l’échelle nationale, lors du premier confinement, nous avons mené la bataille pour obtenir la validation automatique pour tous·tes les étudiant·es, pour qu’iels n’aient pas à redoubler à cause de la pandémie.

Face au tri raciste mis en place par l’État et les universités l’an dernier, nous avons lutté et obtenu dans plusieurs facs l’inscription et la régularisation d’étudiant·es réfugié·es d’Ukraine. À l’université Paul Valéry, depuis plusieurs semaines, nous menons une grande enquête contre la précarité et l’inflation, à laquelle tu peux répondre ici.

Nous revendiquons la mise en place d’une commission composée de personnels et d’étudiant·es pour gérer démocratiquement les problèmes de sexisme et de racisme à l’université, mais aussi l’abandon de toutes les mesures sélectives et la gratuité totale de l’université.

Au-delà de l’université, nous revendiquons une augmentation de 400€ et indexation sur l’inflation de tous les salaires, bourses et minima sociaux ; mais aussi l’expropriation sous contrôle ouvrier des grands groupes de l’énergie comme Total, afin de mettre ces entreprises non plus au profit de quelques individus capitalistes, mais au service du bien commun et du développement de ressources énergétiques durables !

En ce sens, nous avons soutenu la grève des raffineurs en nous rendant sur les piquets de grève de Fos-sur-Mer et de La Mède, et en récoltant 300€ pour la caisse de grève des raffineurs dans la manifestation du 18 octobre.

Toutes ces mesures s’inscrivent dans un combat plus général que nous entendons mener, contre le capitalisme, contre la crise climatique, pour une société débarrassée de l’exploitation.

Quelles autres listes se présentent à Paul Valéry ?

L’UNI, un syndicat d’extrême droite

L’UNI est un syndicat d’extrême droite dont toutes les revendications sont réactionnaires. Ils disent lutter contre l’insécurité et les dégradations sur les campus mais c’est bien l’extrême droite qui agressent les étudiant.e.s devant le campus et tague « mort aux arabes » sur les bâtiments. Si l’UNI n’est pas forcément directement impliqué dans ces actions, ils sont notoirement proches de ces militants d’extrême droite, et leurs idées sont les mêmes. Il s’agit d’un « syndicat » composé de militants xénophobes, islamophobes et en faveur de la sélection sociale à l’université.

Dans le contexte de montée de l’extrême droite, nous ne pouvons laisser un tel syndicat obtenir des sièges aux conseils de Paul Valéry ni d’aucune autre université. Nous nous battons contre la présence de ces idées nauséabondes dans nos campus et dans nos villes. L’extrême droite n’a jamais été et ne sera jamais du côté des précaires et des opprimés et donc ne sert en aucun cas les intérêts des étudiant.e.s !

Le SCUM (liste « Super Chatons Ultra Mignons »)

Le SCUM est un syndicat local de Montpellier, qui porte une politique associative (distributions alimentaires) ainsi qu’une politique de cogestion de l’université tout en ayant parfois des méthodes « radicales » (blocages, envahissements des institutions). Les distributions alimentaires du SCUM aident un grand nombre d’étudiants en situation de précarité. Cependant, dans la période actuelle, il nous paraît urgent de dépasser le cadre du syndicat étudiant et d’aller plus loin que de simples actions quotidiennes et humanitaires.

Il s’agit de renverser tout ce système qui met des milliers d’entre nous la précarité, qui nous exploite et nous opprime. Pour ce faire, des actions locales comme celles du SCUM ne suffiront pas : il faut construire une organisation à l’échelle nationale et internationale capable d’intervenir dans les mouvements pour les transformer en révolution. C’est le projet du Poing Levé, collectif étudiant national et de Révolution Permanente, organisation politique liée au Poing Levé et faisant partie d’une internationale communiste révolutionnaire.

Les listes des corporations : « Des étudiants qui vous rassemblent » et « Lapinou »

Ces deux listes sont composées de plusieurs corporations, associations et BDE de l’université dont l’Adem3 et la « Corpo Lettres Epsylone ». Ce sont des associations qui se chargent de l’organisation de soirées étudiantes et de la vie du campus, qui se revendiquent apolitiques. S’il est important pour la vie quotidienne des étudiant.e.s que de telles associations existent, il nous paraît contre-productif qu’elles se présentent aux conseils universitaires et prétendent y avoir une action.

En effet, siéger dans les conseils universitaires, voter les décisions qui y sont prises et rendre compte de leur fonctionnement est une tâche profondément politique, qui doit être prise en charge par des collectifs qui s’assument comme tels. Ainsi, ces associations acceptent la logique de cogestion de l’université voire même de travailler avec le ministère de l’éducation supérieure, comme le revendique la liste « Lapinou ». Or, il nous paraît central de refuser de travailler avec ceux qui précarisent les étudiant.e.s et attaquent l’université publique. Si nous nous présentons aux conseils, c’est pour combattre cette logique et non l’accompagner.

Solidaires Étudiant.e.s

Si le programme de la liste du syndicat Solidaires étudiant.e.s est composé de mesures très justes, les désaccords que nous avons sont plus profonds que la question du programme pour les élections étudiantes. En effet, nous pensons qu’il est central de voter pour une liste révolutionnaire comme celle du Poing Levé, qui cherche à construire une organisation politique qui va plus loin que l’intervention sur l’université. Nous pensons que les combats contre la sélection sociale, contre le chômage et la précarité, contre le patriarcat et contre le racisme d’État doivent se mener à l’échelle de la société et se déclinent à l’université. Nous luttons sur les facs, mais nous sommes intimement convaincus que pour faire de l’université un lieu d’émancipation réel, c’est la société qu’il faut changer !



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