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Électricité : Une facture qui s’alourdira encore en 2020

Les tarifs de l’électricité devraient de nouveau augmenter en 2020. Après deux fortes hausses consécutives atteignant 7% d’augmentation cette année. La hausse de janvier estimée à 4% contribuera encore à l’accroissement des dépenses énergétique.

samedi 28 septembre

Cela devient récurrent, depuis plusieurs années et plusieurs fois par an, la facture EDF augmente. Cette fois-ci, selon certaines estimations cela équivaudrait à une hausse de 60€ pour ceux se chauffant à l’électricité, à environ 30€ pour le cas contraire. Le prix de base du mégawattheure (MWh) passe de 42€ à 45€.

Adepte des revirements de décision le gouvernement avait promis comme compensation de relever le plafond de l’accès régulé à l’énergie nucléaire historique (Arenh) de 100 à 150 térawattheures par an, permettant ainsi aux concurrents tels que Total Spring, Eni, Egnie et quelque autres de regagner par la quantité ce qu’ils perdaient par le prix. Ce qui est remis en question aujourd’hui.

Les clients EDF seront eux aussi touchés par cette augmentation. Soient 25 millions d’abonnés aux tarifs régulés, contre 8 millions pour les clients des fournisseurs alternatifs. Selon l’INSEE, les prix à la consommation de l’électricité ont augmenté d’environ 50 % depuis 2007. Ces augmentations impactant bien sûr tous les foyers et surtout les plus précaires, mais aussi certains domaines comme dans le ferroviaire ou encore la sidérurgie.

Mais quelles sont les raisons de ces hausses de prix ? Cette hausse est régulée en fonction du prix du marché de gros. Et aussi, selon certaines associations de consommateurs, cela serait la faute en partie aux clients des fournisseurs alternatifs. En effet, les fournisseurs alternatifs, de plus en plus nombreux, ne peuvent plus acheter du nucléaire à EDF à tarif préférentiel, celui préfère vendre le marché de gros, qui à cause de la loi du marché fait augmenter les prix. Finalement, c’est notamment l’ouverture à la concurrence suite à la loi compétitivité qui est à l’œuvre dans l’augmentation des tarifs.

Certains gouvernements ont tenté, un temps soit peu, de s’opposer à ces augmentations recommandées par le régulateur, ce qui leur a valu de se retrouver devant les tribunaux perdant un à un les procès successifs. En 2014, Ségolène Royal alors ministre de l’environnement et de l’énergie, épaulée alors par le ministre de l’économie de l’époque Emmanuel Macron, avaient décidé de contrer (gentiment) ces hausses de prix. Ce qui a valu deux ans plus tard, une ponction d’EDF sur ses propres abonnés d’un milliard d’euros sous forme d’augmentation rétroactive. Comme toujours, la population raque.

Et les victimes de la précarité énergétique dans tout ça ? En France, selon l’Observatoire national de la précarité énergétique (ONPE), 6,7 millions de personnes éprouvent des difficultés à payer leur facture d’énergie et à satisfaire leurs besoins de chauffage. Rentrent dans cette catégorie les foyers consacrant plus de 8 % de leurs revenus pour payer la facture énergétique du logement. Mais bien sûr cela peut-être aussi dû à une mauvaise isolation du logement, un équipement de chauffage insuffisant ou en panne, des problèmes financiers, ou encore une coupure du fournisseur d’énergie suite à une facture impayée. Selon l’Ademe, l’aide nécessaire pour sortir l’ensemble des ménages en précarité énergétique s’élèverait à 3,1 milliards d’euros par an. Il s’agit du montant qu’il conviendrait d’accorder aux ménages pour que leur taux d’effort énergétique soit inférieur à 8 %. Cela représenterait en moyenne près de 710€ par logement et par an…

La mise en concurrence est une partie du problème, une restructuration du service d’énergie est nécessaire pour mettre un terme à ces hausses de prix. Pour une politique énergétique prenant en compte d’une part les inégalités, mais aussi la question environnementale qui sont aujourd’hui des questions fondamentales, la nationalisation des fournisseurs d’électricités serait une première étape, permettant de réguler les prix et de développer une recherche adaptée aux urgents défis environnementaux, loin des logiques financières gouvernant actuellement ces questions.

Crédit photo : afp.com/Philippe Huguen




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