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Politique

COP 26

« En 15 minutes t’as fait Le Parisien et France 24 » : pour Pompili, la COP26 c’est d’abord de la com’

Enregistrée par des caméras de l’émission Quotidien, la Ministre se félicitait avec son conseiller d’avoir fait le tour des chaînes de télévision, trahissant la réalité de cette COP26 : n'être qu'une vitrine de la classe dirigeante pour faire croire à la prise en compte de la catastrophe écologique.

jeudi 4 novembre

Crédits photo : Capture d’écran de Quotidien

Une démonstration de plus, s’il en fallait une, que pour le gouvernement, l’écologie n’est qu’une affaire de communication. Mardi 2 novembre, sur le site de la COP26 à Glasgow, Barbara Pompili, la Ministre française de la transition écologique, a été filmée à son insu par les caméras des journalistes de l’émission Quotidien. Les images sont parlantes : tournant le dos aux caméras alors qu’elle passait de stand en stand, est s’est félicité avec son conseiller en communication de « ne pas être venu pour rien ! ». Un peu plus tôt elle venait en effet d’être interviewé par plusieurs chaînes de télévision et journalistes.

« En un quart d’heure t’as fait Parisien, Quotidien et France 24 » se félicite son conseiller en communication. Il ajoute « T’as tapé une vingtaine de millions de personnes », elle rétorque alors cyniquement « On n’est pas venus pour rien ! C’est bien ! » sous-entendant ainsi qu’elle ne serait donc pas venue pour autre chose qu’un coup de communication.

Le cynisme et la com’ comme seule politique climatique

Au delà de son caractère cocasse, cette scène filmée par Quotidien est emblématique de ce que sont de plus en plus les sommets internationaux et autres COP : des grands messes politiques où se pavanent les dirigeants des pays impérialistes pour faire croire aux peuples du monde entier à la mascarade de la prise en compte de la question écologique par la classe dominante. En réalité, rien n’est réellement discuté dans ces sommets, et rien n’est encore moins décidé. Ces sommets ne sont que des vitrines. Des vitrines de la classe dominante pour faire perdurer l’illusion qu’ils prennent en charge le plus grand défi posé à l’homme dans son histoire.

Pire encore, ces sommets deviennent de plus en plus des théâtres dans lesquels se mettent en scène les plus grands capitalistes de l’économie mondiale. On a par exemple plus voir Jeff Bezos, PDG d’Amazon, entreprise parmi les plus polluantes de la planète proposer son « aide » dans la lutte contre le réchauffement climatique après être venu en jet privé à Glasgow, à la manière d’un Elon Musk proposant de donner des milliards pour lutter contre la faim dans le monde.

En attendant, dans les pays les plus pollueurs du monde, et en France en particulier, les mesures cosmétiques s’accumulent, et les politiques criminelles sur le plan environnementale se cachent derrière des arguments écologiques fallacieux.

Ainsi, en février dernier, Emmanuel Macron réduisait les propositions faites lors de la Convention Citoyenne pour le Climat au strict minimum, refusant de taxer les dividendes ou de toucher aux intérêts du grand patronat tout en cédant aux lobbys. Il permettait de se donner une image de défenseur du climat en écartant toute mesure sérieuse pour l’environnement, au mépris de l’avis des citoyens triés sur le volet pour participer à la Convention.

En parallèle, des politiques totalement irresponsables sur le plan environnementales se multiplie, au service d’un impérialisme vieillissant en Afrique. En Ouganda par exemple, l’État français est venu à la rescousse de Total, l’un des plus grands pollueurs du monde, et son projet Tilenga, particulièrement destructeur pour l’environnement mais aussi pour les populations locales qui vont être déplacés, perdant leurs terres et leurs lieux de vies.

Les propos de la Ministre de la transition écologique ne sont donc qu’une preuve de plus de la mascarade que sont les sommets et autres COP pour changer les choses sur le plan écologique et climatique. Une réelle politique écologique ne pourra se faire qu’en rupture avec le système capitaliste, en luttant dans la rue, au sein des mobilisations pour le climat, mais aussi dans les entreprises aux côtés des salariés comme ce fut le cas à Grandpuits, où au début de cette année des raffineurs luttaient contre des suppressions d’emplois et le greenwashing de Total.

La catastrophe est encore évitable. Et pour éviter la catastrophe, il est clair que la lutte écologique ne pourra être qu’anticapitaliste et révolutionnaire, n’en déplaise aux tenants bourgeois du « capitalisme vert » qui se pavanent dans les salons des sommets internationaux.




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