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Vivre à la rue tue

659 sans domicile morts en 2019 : le nouveau rapport accablant du collectif Les Morts de la Rue

Le Collectif des Morts de la Rue recense depuis 2012 les sans domicile décédés afin de connaître leur âge, leur situation réelle, la cause de leur mort. Dans leur derniers rapport « Dénombrer et décrire » le collectif comptabilise 659 décès de personne sans domicile en 2019.

mercredi 4 novembre

Crédit photo : Laurence Geai / Paris Match

Un constat glaçant

Le nombre de décès de sans domiciles augmente années après années selon le CMDR. En 2012 ils en recensaient 436, en 2019 le chiffre est monté jusqu’à 549. Une augmentation macabre qui ne serait pas près de s’arrêter en cette année 2020 marquée par une crise sanitaire et économique. Parmi ces décès "563 étaient sans chez-soi au cours de leurs trois derniers mois de vie" précise le rapport, les données montrent que parmi ces morts "près de 90% avaient passé plus d’un an à la rue, 33% ayant passé plus de 10 ans sans abri". Ces gens ont donc été contraints de vivre à la rue sur un temps long, se débrouillant pour passer leurs nuits dans des abris de fortune, des squats, des parkings pendant de nombreux mois et souvent de trop nombreuses années. Les sans domiciles morts durant cette années sont décédés à 35% dans l’espace public et 26% dans les différents lieux de soins.

La mortalité des sans domiciles est bien plus élevée que celle de l’ensemble de la population, "l’âge moyen au décès des personnes sans chez soi est estimé à 50 ans [...] en comparaison, l’âge moyen dans la population en 2019 est de 78,88 ans" soit un écart de 30 ans avec l’espérance de vie moyenne de la population française. En France, la pauvreté tue les plus jeunes et de manière violente. Si les données montrent des "causes de décès des personnes sans abris majoritairement mal définies et/ou inconnues (67%)", 7% des décès sont provoqués par un homicide ou un suicide et quasiment un dixième sont dus à une causes externe violente (noyade, intoxication, mort de froid, accident de transport, chutes...). Les personnes sans domiciles ont aussi plus difficilement accès aux soins, ce qui emmène une plus grande mortalité sur les maladies graves (cancers, cardiovasculaire) pas pris en charges ou mal soignés. 

Aucun moyen mis a la hauteur de l’enjeu

Les sans domiciles décédés en 2019, selon le CMDR et les données qu’ils ont réussi a recueillir avaient un suivi social pour seulement 30% d’entre eux au travers de différentes associations, que ce soit les CCAS (Centre Communal d’Action Sociale) ou des maraudes. Les gouvernements successifs ont laissé la majorité de ces sans abris dans une situation de grand isolement social, notamment par des coupes budgétaires qui ont affecté le secteur du travail social. Ils ont ainsi laissé la vie de dizaine de milliers d’hommes et de femmes être portés à bout de bras par les associations locales et par des travailleurs sociaux souffrant toujours plus d’un manque de moyen criminel. Des centaines d’hommes et de femme meurent ainsi car ils n’ont pas accès a une stabilité de logement, quand, dans le même temps, plus de 3 millions de logements sont laissé vacants et servent de résidence secondaire ou permettent la spéculation immobilière ayant pour but l’enrichissement d’une petite catégorie de la population.

Macron qui durant sa campagne avait annoncé ne plus vouloir "d’ici la fin de l’année, avoir des hommes et des femmes dans la rue" est aujourd’hui le premier responsable de l’augmentation de la misère sociale et économique. Le taux de pauvreté dans la population globale, sous le gouvernement En Marche a augmenté de quasiment 1% depuis 2017 et la gestion calamiteuse tant sur le plan sanitaire que sociale du gouvernement du COVID-19 fera passer pour la première fois le nombre de français vivant sous le seuil de pauvreté au dessus de 10,5 millions. Dans le même temps le gouvernement mène une politique pro-patronale, défend les plans de licenciement, accorde des centaines de milliards au patronat et ne lève pas le petit doigt contre les milliers de morts dans nos rues qui sont une nouvelle fois à prévoir pour l’année 2020.

Ces sans abris sont également en première ligne face à l’épidémie sanitaire tant ils souffrent souvent d’un manque de suivi médical. Pour aider les sans abris et dans une situation de crise économique où la pauvreté va exploser, il faut plus que jamais exiger la réquisition de l’ensemble des logements secondaires vacants. Il n’est pas acceptable qu’un petit nombre s’enrichisse par la propriété privée immobilière tandis qu’un grand nombre est contraint de se retrouver à la rue faute de moyens.




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