^

Politique

Des inégalités croissantes

En France, 67% de bénéfices reviennent aux actionnaires et seulement 5% aux salariés

Les groupes du CAC 40 ont redistribué à leurs actionnaires les deux tiers de leurs bénéfices depuis 2009. Deux fois plus que dans les années 2000, selon le rapport d’Oxfam, et ce au détriment de ceux et celles qui produisent les richesses, les salarié.e.s. Le grand patronat français est encore plus vorace que l’Américain ou l’Allemand.

Dans un rapport intitulé « Des profits sans partage », l’ONG Oxfam révèle comment les grandes entreprises françaises alimentent les inégalités : sur 100€ de bénéfices, elles versent en moyenne 67€ aux actionnaires et seulement 5€ aux salariés.

Ce qui est frappant c’est que cette croissance des inégalités dans la distribution de bénéfices s’est aggravée au cours de la grande crise capitaliste, en 2008. Après la crise dans la période 2009 – 2016, suite à un transfert qui s’est produit au détriment des travailleurs, les actionnaires ont touché deux fois plus de bénéfices que les salariés par rapport à l’année 2000.

Trois entreprises sont en tête de liste de celles où les taux de redistribution aux actionnaires sont les plus élevés. Il s’agit d’ArcelorMittal, dans la sidérurgie, Engie, dans l’énergie, et Veolia, gestionnaire de l’eau, toujours d’après le rapport.

Manon Aubry, porte-parole d’Oxfam, a également dénoncé la pratique courante dont usent ces grandes sociétés du mécanisme et que l’on appelle optimisation fiscale. C’est-à-dire une évasion fiscale rendue « legale » dans ce système. Les entreprises « possèdent plus de 1450 filiales dans les paradis fiscaux, en Irlande, à Jersey, dans l’île de Man », a affirmé Manon Aubry. « Derrière les beaux discours politiques en matière de lutte contre l’évasion fiscale, les entreprises du CAC 40 utilisent encore largement les paradis fiscaux pour contourner l’impôt. »

Ces chiffres révèlent largement l’inégalité et l’injustice croissantes que génère le système capitaliste. Celles et ceux qui produisent réellement les richesses au quotidien, qui font tourner l’économie, c’est-à-dire les travailleurs et les travailleuses, sont toujours plus précarisés et ne touchent pour la plupart que le strict minimum pour se payer un toit et à manger. De l’autre côté, bin au contraire, ceux qui les exploitent et qui s’attaquent directement à leurs conditions de travail, les patrons et les actionnaires voient toujours plus d’argent s’amasser dans leurs comptes en banque, bien souvent cachés dans des paradis fiscaux.




Mots-clés

pauvreté   /    Inégalités   /    Économie   /    Patrons-voyous   /    Politique