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Gestion liberticide

En Israël, un scanner génétique et la surveillance généralisée pour lutter contre le virus

Face à une quatrième vague plus forte que prévue, les autorités israéliennes mettent en place un arsenal de mesures technologiques et liberticides destiné à enrayer l'épidémie. Parmi celles-ci, la mise en place d'un scanner génétique pour traquer le virus.

mercredi 15 septembre

Crédits photo : AFP

Depuis début septembre, Israël connaît une quatrième vague de Covid-19 avec un nombre record de cas. Pour répondre à celle-ci, le gouvernement israélien met en place une série de mesures pour empêcher la propagation du virus tout en gardant écoles, commerces et lieux de culte ouverts.

C’est même l’artillerie lourde qu’Israël s’apprête à dégainer pour endiguer l’épidémie avec [la mise en place d’un système surnommé « Oméga » capable de réaliser des scanners génétiques. « Il s’agira d’une sorte de radar à virus », a déclaré le Premier ministre israélien conservateur Naftali Bennett.

Ce scanner génétique sera installé à l’aéroport international Ben Gourion de Tel-Aviv, principale porte d’entrée du pays, et tous les passagers en provenance de l’étranger devront se soumettre à cet examen.

Face à une machine de ce genre, l’inquiétude monte en Israël concernant l’utilisation d’un tel dispositif. De fait, l’annonce s’est vue noyée dans une série d’autres mesures notamment liées à la fraude aux faux tests négatifs. Pour le gouvernement israélien, fébrile face à une quatrième vague plus forte que prévue avec ses 7000 cas par jour, il s’agit avant tout de justifier l’utilisation de « Omega » par la lutte contre l’arrivée de nouveaux variants de l’étranger.

Au delà des fantasmes nourris par l’utilisation de ce scanner génétique, la politique sanitaire israélienne s’apparente effectivement de plus en plus à une politique de surveillance généralisée. Notamment, mardi 14 septembre, une commission de la Knesset a voté en faveur de l’extension d’un programme de surveillance électronique imposé à la quasi-totalité des personnes placées en isolement en raison du coronavirus, renforçant ainsi considérablement les pouvoirs dont dispose l’État pour faire respecter les règles de quarantaine.

Initialement destiné aux voyageurs de retour seulement, ce programme de surveillance sera donc désormais appliqué aux cas contacts, qui seront donc invités à adhérer à un programme de surveillance électronique qui permettra à la police ou aux services de sécurité israélien de suivre les mouvements des téléphones des personnes concernées et de s’assurer qu’elles restent bien chez elles. Pourtant, en Israël comme ailleurs, c’est surtout au sein des écoles que le virus se propage à grande vitesse.

Pour le gouvernement israélien, comme pour beaucoup d’autres avant lui, l’intensification de la lutte contre le Covid-19 justifie donc des atteintes à la vie privée. Toutes ces mesures traduisent en tout cas la nervosité des autorités, mais aussi la contradiction forte entre la lutte contre l’épidémie et la volonté de continuer à faire tourner l’économie du pays comme si de rien n’était. Pour les États et les capitalistes la solution à cette contradiction a un prix, qu’ils font reposer sur leurs populations : des mesures liberticides et la suspicion généralisée.




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