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Politique

En plein confinement, un SDF condamné s’ouvre les veines à la fin de l’audience

Ce lundi 20 avril, un SDF s'est ouvert les veines à la fin de son audience par suite de sa condamnation à deux mois de prison ferme avec maintien en détention raconte Ouest-France. En plein confinement, une nouvelle illustration terrible de la violence sociale d’une justice de classe qui broie les plus démunis, et protège les riches remarque Nantes Révoltée. Un confinement autoritaire qui ne fait qu’aggraver la situation des plus précaires.

samedi 25 avril

L’homme sans domicile fixe venait à peine de sortir de prison. Selon Ouest-France, « il avait passé un mois après avoir volé une bouteille d’alcool ». Toujours selon le journal, « le jeune homme, sans domicile fixe, a été contrôlé trois fois, en l’espace de 24 heures, le jour même de sa sortie, pour ne pas avoir respecté les règles de confinement ». En plein confinement donc, l’homme SDF… est verbalisé pour « non-respect du confinement » par la police.

Ensuite, la justice l’accuse de ne pas avoir respecté une interdiction de séjour en Loire-Atlantique alors même qu’il doit pointer au commissariat de Nantes à cause d’une assignation à résidence ce qui l’a mis dans l’illégalité. C’est ce que pointe son avocate Me Marianne Vitter raconte Ouest-France « Mais alors quoi, à sa sortie de prison, le vendredi, il aurait dû quitter Nantes – mais comment et avec quel argent ? – pour revenir pointer le lundi à Nantes ? Comment on sort de cet imbroglio ? ». Une accusation qui sera retenue contre lui.

Autre élément à charge, d’après le journal : il avait « volé » une paire de baskets car il a trop mal aux pieds. C’est ce que le journal raconte : « il a été surpris dans une grande surface avec une paire de baskets volée, à 14,99 € ». Le SDF explique pourtant : « J’ai mal au pied, explique le jeune homme, assis dans un fauteuil roulant. Je voulais des chaussures assez larges, parce que je souffre. J’attends de me faire opérer. »

Comme par habitude, la justice de classe est impitoyable pour les plus démunis. Comme le raconte Ouest France, la procureure ne l’a pas cru. Une justice beaucoup plus clémente lorsque pour les riches ou encore pour la police dont l’impunité est quasiment totale. Résultat : le tribunal a déclaré coupable le jeune homme. La juge lui a donné deux mois de prison avec maintien en détention. C’est à ce moment-là le prévenu sors une lame dans le tribunal et se coupe les veines comme le raconte Ouest-France :

« Le tribunal a déclaré le prévenu coupable de l’ensemble des faits qui lui étaient reprochés. Quatre mois de prison ferme avaient été requis. Une peine de deux mois ferme avec maintien en détention a été prononcée. À cet instant, le prévenu a sorti une lame de rasoir et s’est lacéré le poignet à plusieurs reprises, dans la salle d’audience. Les escortes ont accouru pour lui porter secours. Il a été soigné dans les geôles du tribunal judiciaire. »

Encore une fois, une illustration de la violence sociale comme le remarque le journal Nantes Révoltée de cette justice de classe qui broie les plus démunis et les plus précaires. Mais c’est aussi une expression de ce que le confinement autoritaire à la sauce Macron réserve aux SDF, la triple peine. D’abord, le fait de ne pas avoir de logement, le risque d’attraper le Covid, et pour finir les contrôles de police et les amendes… sans compter les violences policières.

Pendant que les riches restent confinés dans leur villa avec tout leur luxe, les plus démunis galèrent dans leur chambre de 10m2, quand certains n’ont même pas un abri comme pour ce SDF. Un confinement qui permet aux riches des vacances à la compagne, alors que de l’autre côté les plus précaire sont en première ligne à faire tourner la société, se font réprimer et se prennent des amendes par la police de Macron.




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